La cour d'Elisabeth
Les Anglais sont justement fières de leur reine Elisabeth et de son époque ; ils n’hésitent pas à comparer celle-ci au siècle de Louis XIV, à celui de la renaissance florentine, à celui de Léon X ; ils ont raison, car c’est d’Elisabeth que date la prodigieuse grandeur de leur pays.
Et cette cour ne manquait ni d’éclat ni de politesse. Nous l’avons représentée au moment où Elisabeth, entourée de ses dames et de ses demoiselles d’honneur, reçoit dans la grande salle de Westminster un ambassadeur français, M. de Chastelain.
Celui-ci venait intercéder auprès de la reine pour obtenir la grâce de Marie Stuart ; Elisabeth, qui savait puiser dans la politique des prétextes pour masquer la sécheresse et la dureté de son cœur, put faire valoir des raisons d’Etat, et la pauvre reine d’Ecosse, l’ancienne reine de France, fut exécutée.
La réception faite à M. de Chastelain n’en avait pas été moins cordiale et moins brillante. Nous y voyons figurer, outre l’ambassadeur et ses compagnons, les grands hommes d’Etat et de guerre de l’Angleterre d’alors : tout d’abord lord Cécil, l’un des plus anciens, des plus fidèles, des plus habiles serviteurs de la reine ; la mort seule le lui enleva en 1598. Mais une tache souille la mémoire de cet homme d’Etat : il fut l’ennemi le plus acharné de Marie Stuart, et ce fut pas son conseil qu’Elisabeth, hésitante jusqu’alors, prit un parti extrême. Chose étrange, elle eut pour successeur le fis unique de sa victime, et comme elle avait prouvé qu’une tête royale pouvait tomber sous la hache du bourreau, elle causa ainsi indirectement la mort de Charles Ier son petit-fils.
Non loin de lord Cecil, nous apercevons sir Walter Raleigh, le hardi navigateur, l’émule des conquistadores espagnols, le fondateur d’une colonie qui tient un des premiers rangs dans la République des Etats-Unis, la Virginie, un autre Fernand Cortez, plus malheureux que son modèle. C’était un homme d’un génie aussi souple que vigoureux, il maniait la plume comme l’épée et il écrivit, avant de porter sa tête sur l’échafaud, des ouvrages poétiques, historiques et politiques.
Nous aurions à mentionner bien d’autres personnages, mais nous ne voulons pas nous engager dans une simple énumération. Toutefois il est un nom dont nos lecteurs remarqueront l’absence. Tous connaissent cette physionomie noble et spirituelle, et front haut et chauve de Shakespeare, le grand tragique anglais. Bien des peintres l’on représenté à la cour d’Elisabeth : c’est une erreur.
Nous possédons quelques fragments du registre de son théâtre, et nous y trouvons l’indication de plusieurs de ses pièces qui furent jouées devant la cour. Mais il est certain que Shakespeare n’y alla jamais. Louis XIV se montra plus hospitalier, plus roi, si l’on peut dire, le jour où il invita Molière à sa table et reprit vertement ceux des courtisans qui se montraient choqués de cette marque de faveur.
MEMOR - 1890
Une plaisanterie historique
Achille de Harlay, premier président du Parlement de Paris sous Louis XIV, était connu pour ses malices ; et lui-même entendait fort bien la plaisanterie.
Un jour, appelé à Versailles chez le roi, il se voit obligé d'attendre dans la salle dite l'Oeil-de-boeuf ; il s'assied sur une banquette et s'y endort en conscience. De jeunes pages l'a perçoivent et projettent aussitôt un petit tour ; ils attachent à la tapisserie la perruque du président.
Tout à coup, le roi paraît. Le personnage se réveille en sursaut et se lève, montrant à tous les yeux la plus belle des têtes chauves.
Un rire général accueille ce spectacle ; mais M. de Harlay ne se déconcerte pas, et dit avec esprit :
"Sire, je comptais saluer Votre Majesté en premier président, vos pages ont voulu que ce fût en enfant de choeur."
Le Roi-Soleil prit part à l'hilarité de tous et la face demeura célèbre.
L'éducation du prince
Le prince Humbert, héritier de la couronne d’Italie, est un robuste enfant de six ans, d’une intelligence très éveillée, mais d’une vivacité extraordinaire.
La famille royale se trouvait dernièrement dans la magnifique résidence de Castelprciano, non loin de Pise, au bord de la mer. Malgré la défense de sa mère, le jeune prince s’amusait souvent à sauter du haut d’un pont assez élevé. Un jour, en tombant, il se blessa. La reine Hélène accourut et réprimanda sévèrement son fils. Comme un domestique apportait à ce moment une corbeille d’oranges pour le petit Humbert et ses sœurs, la reine en priva le désobéissant et donna sa part à l’enfant d’un garde. Vexé de cette privation, et profondément humilié, le prince s’élança sur le gamin, lui prit les oranges et les jeta à la mer.
La reine Hélène consigna Humbert, et le soir, au dîner, raconta au roi ce qui s’était passé.
Victor-Emmanuel donna à choisir à son fils ou d’aller s’excuser auprès de l’enfant du garde, ou d’être privé de dessert pendant huit jours.
Le prince, balancé entre son amour-propre et sa gourmandise, n’hésita pas, et alla demander pardon. Mais le lendemain, de lui-même, il prit une orange, la plus belle, et courut à la plage à le recherche du petit garçon de la veille, qu’il embrassa spontanément en lui offrant son gentil cadeau.
Ce bon mouvement le fit tout à fait rentrer en grâce.
Bonaparte mystifié
Si grand capitaine que fût le général Bonaparte, il n’en avait pas moins, comme tous les hommes, quelques travers. Il prétendait, par exemple, pouvoir juger de toutes choses, sans jamais se tromper et sans que personne n’eût à y contredire. Il s’estimait excellent critique en littérature, en sciences, en musique, en peinture, en sculpture, aussi bien qu’en administration, en politique et en stratégie. C’est surtout dans l’art musical qu’il se croyait particulièrement doué. On n’osait guère combattre ses opinions, car il le tolérait peu, et on craignait qu’il gardât rancune à ceux qui avaient la maladresse ou la malchance de lui déplaire.
On n’ignorait pas combien il se montrait hostile au musicien Chérubini, à qui - étant premier consul - il avait déclaré ne pas goûter sa manière de composer et préférer la façon de Zingarelli, et qui avait eu l’audace de lui répondre :
« Voyez-vous, citoyen consul, il faut laisser chaque homme à sa place. Vous, vous gagnez les batailles ; mais ne vous mêlez pas des choses auxquelles vous ne comprenez rien ! »
C’était trop franc, et peu poli.
Bonaparte fut justement froissé. Il ne pardonna pas sa rude boutade au maître italien, mais ne profita en rien de la leçon. Au contraire, il critiqua opéras, opéras-comiques, opérettes et leurs auteurs d’un ton plus tranchant que jamais.
Il aimait beaucoup Méhul, alors très applaudi et dont la société acclamait, sans se lasser, les œuvres.
Le premier Consul, pour prouver au maestro à la mode que lui aussi était amateur de bonne musque, ne manquait aucune occasion de la féliciter, mais il ajoutait toujours à ses compliments quelques remarques qui enlevaient aux louanges tout ce qu’elles avaient de flatteur.
Un jour, c’était : « Sans doute votre musique est fort belle, mais elle ne nous donne aucun de ces chants comparables à ceux de certains maîtres d’Italie. »
Un autre jour, il disait : « De la science, oui de la science, voilà votre lot ! Vous avez de la science à revendre ! Mais de la grâce, du chant, de la gaîté, voilà ce que, nous autres Français, nous n’avons pas plus que les Allemands ! »
Ou bien, encore, il s’écriait : « Votre opéra est magnifique, mais écrit dans une langue trop compliquée. Le vrai grand art demande de la simplicité ! »
Bref, Bonaparte mêlait, comme on le voit, beaucoup de vinaigre à son miel.
D’abord Méhul sourit sans répondre, ne sourit plus. Froissé dans son amour-propre, il s’énervait davantage à chaque entrevue, jugeant blessantes ces perpétuelles comparaisons entre lui et des artistes qu’à bon droit il estimait lui être inférieurs.
A la fois désolé et furieux, il quitta, un matin, le premier consul - jurant de ne plus le revoir - car celui-ci lui avait déclaré, suivant son habitude, au milieu de mille et une choses gracieuses, que « s’il était un brillant musicien en France, il ne saurait égaler un bon compositeur italien. »
Il alla conter ses peines à son ami intime Marsollier, avec lequel il eut un très long entretien et qui du savoir trouver des consolations à la douleur de son camarade, car Méhul le quitta tout gai et rendit visite le lendemain à ce Bonaparte, à qui il en voulait tant la veille.
Quelques semaines se passèrent.
On se mit à parler dans Paris d’une pièce nouvelle qu’on montait au théâtre de l’Opéra-Comique. C’était, disait-on, une musique, vive, charmante, spirituelle au possible, endiablée, de laquelle se détachait surtout, affirmaient les initiés, un quatuor bouffe, d’une verve extraordinaire. Ce qui piquait au plus haut point la curiosité publique, c’eest que cette fois l’usage, qui veut que le nom de l’auteur ne soit connu qu’après la première représentation de l’œuvre, semblait devoir être strictement suivi. Tout le monde l’ignorait. Tout ce que l’on savait de cet acte, dont on disait merveille, c’est qu’il était d’un maestro italien et intitulé l’Irato, c’est-à-dire l’Emporté.
Quelques jours avant la date fixée pour ce nouveau spectacle, le premier Consul dit à Méhul :
« Vous viendrez avec moi ouïr cette musique dont tout le monde, par avance, dit merveille.
- Oh ! Non.
- Comment non ?… Vous refusez de m’accompagner ?
- Je suis très flatté de l’honneur que vous me faites en m’invitant, et je vous en remercie du fond du cœur ; mais je ne tiens pas à entendre cet opéra-comique, qui ne m’intéresse point, je l’avoue !
- Je devine. Il vous déplaît d’assister à une représentation italienne et des d’écouter des airs qui ressemblent si peu à ceux de votre école. Est-ce cela ?
- Peut-être…
- Comme je vous reconnais bien là !… Votre honnêteté vous empêcherait de dire du mal d’une œuvre qu’en vous-même vous admireriez, mais votre obstination à faire de la musique ennuyeuse vous interdit d’admirer ce qui est léger, élégant, charmeur… musical en un mot !
- On souffre toujours de se sentir inférieur, dit tristement Méhul.
- Mais non, mais non ! On profite des leçons que les autres vous donnent et on perfectionne peu à peu son talent… Venez avec moi, vous dis-je ! Vous me désobligerez en refusant.
- J’accepte alors. Mais c’est uniquement pour ne pas vous déplaire ! »
Quand ils arrivèrent au théâtre, la salle était comble. La société la plus élégante, les amateurs les plus éclairés, les artistes les plus célèbres, les critiques les plus connus remplissaient les loges et les fauteuils. Il eût été impossible de trouver une place, même parmi les moins bonnes. On avait si bien amorcé le public avec ce petit acte d’un auteur inconnu que tous les gens friands de musique avaient tenu à le venir entendre. Dès l’ouverture, le succès se dessina et les applaudissements soulignèrent chaque air. Bonaparte se montra un des plus enthousiasmés.
« Décidemment, il n’y a que la musique italienne, ne cessait-il de répéter, en se tournant vers Méhul, qui, lui, morose, ne paraissait pas s’amuser du tout.
« Qu’en dites-vous ?… Voyons, répondez-moi ?… Comment trouvez-vous cela ?
- Médiocre !
- Jaloux : »
Enfin la pièce s’acheva au milieu d’un tonnerre de claquements de mains, de trépignements, de cris délirants :
« L’auteur !… L’auteur !… L’auteur !…
Alors, le rideau s’étant relevé, le régisseur annonça d’une voix forte :
« Mesdames et messieurs, la pièce que nous venons d’avoir l’honneur de jouer devant vous à comme auteurs, pour les paroles, le citoyen Marsollier, et pour la musique le citoyen Méhul ! »
Au nom de Méhul, Bonaparte resta dit-on, bouche bée… Il se tourna vers son compagnon d’un air stupéfait ; mais celui-ci, modeste, avait disparu laissant le premier Consul très occupé à acclamer le maestro… italien !
Marsollier, voyant son ami si désolé des critiques faites à son talent, avait imaginé cette spirituelle et anodine vengeance :
« Je vais, lui avait-il dit, t’écrire les paroles d’un petit acte bien gai. Toi, tu feras la musique. Ca te sera un jeu de fabriquer un superbe et étincelant clinquant italien avec ton or français ! Et, pour que personne ne se doute de rien, je présenterai, seul, notre œuvre au directeur de l’opéra-comique, comme traducteur d’un compositeur d’Italie qui tient à rester anonyme. Je ne lui livrerai le nom du vrai maestro que le soir de la première représentation… Ainsi tu prouveras à notre cher Consul que ses prétentions musicales ont quelque exagération.
Revenu de sa surprise, Bonaparte ne se fâcha pas d’avoir été mystifié. Il avait ri, il s’était amusé, il était satisfait… Et il s’en tira fort adroitement.
Le lendemain, il déclarait à Méhul :
« Votre petite plaisanterie ne prouve qu’une chose !… C’est combien j’ai le sens musical développé !… Je n’ai pas cessé de vous dire : « Quel bel artiste vous seriez, si vous faisiez de la musique comme les Italiens !… » Vous en avez fait, et vous avez fait un chef-d’œuvre, car, sans conteste, votre Irato est un chef-d’œuvre ! C’est à la justesse de ma critique que vous le devez !
Le soir, en racontant l’entrevue à Marsollier, Méhul, souriant, ajouta, en conclusion : « Il est incorrigible !… »
Article publié en Septembre 1911
Le chien de Louis XI
Le roi Louis XI possédait un magnifique lévrier blanc. Son nom ne nous est pas parvenu ; mais on raconte que le roi, qui était un grand chasseur, tenait beaucoup à son chien.
Le lévrier ne le quittait jamais ; et lorsqu'il était malade, on lui faisait un lit dans la chambre de son maître.
Or malgré cet attachement, la dernière heure du terrible monarque étant arrivée, le pauvre lévrier fut la dernière victime de sa cruauté.
Moribond, cloué sur un lit de douleurs, où rien ne soulageait plus se souffrances, le roi, en entendant le moine qui l'assistait, lui dire de se préparer à paraître devant Dieu, s'écria :
"Je ne suis pas aussi bas qu'on peut le croire, et je puis prouver que je suis encore le maître céans. Par mon salut éternel, je jure que, de tous ceux que renferme cette chambre, ce n'est pas moi qui mourrai le premier :"
Il tendit la main vers un sifflet d'argent qui ne le quittait pas ; mais le moine le retint, et prévoyant quelque nouveau crime :
"Sire ! lui dit-il, oubliez-vous que vous allez bientôt paraître devant Dieu ?...
- Dieu m'absoudra, mon père, reprit le moribond ; j'ai juré, je tiendrai mon serment..."
En disant ces paroles, ses regards se portaient du côté de son cruel compagnon Olivier le Daim, qui se sentit frémir de terreur, mais n'en laissa rien voir. Après avoir été l'exécuteur de tant d'injustes condamnations, allait-il donc expier à son tour tous ces forfaits ?...
Cette suprême angoisse dura peu ; le roi reprit, désignant le fidèle lévrier couché près de son lit :
"Prenez ce chien, et qu'il meure à l'instant.
Olivier le Daim, qui n'eût garde de se faire répéter cet ordre, prenant une masse d'armes en frappa la pauvre bête ; mais sa main mal assurée et sa victime qui poussait des cris lamentables, ne mourut qu'à la troisième tentative.
"Mon Dieu ! comme il le fait souffrir, s'écria Louis XI, en retombant sur son lit, et donnant des signes d'un attendrissement inaccoutumé.
"Mon pauvre compagnon de chasse ! reprit-il bientôt, je l'aimais bien pourtant ! Comme expiation, je veux qu'il soit sculpté près de moi sur mon tombeau."
De toutes les volontés dernières du feu roi, ce fut la seule qui fut exécutée.
Les renards de Monsieur le Prince
On se représente trop souvent à tort Louis XIV comme un prince hautain et méprisant, enorgueilli de sa puissance et de sa noblesse au point de dédaigner tous ceux qui n’étaient pas, comme lui, d’un sang illustre. En mainte occasion, il prit au contraire en mains la cause des humbles, et ne craignit pas d’humilier ses plus fastueux courtisans. Voici, à ce sujet, une anecdote bien significative et assez peu connue.
Le roi avait pour secrétaire du cabinet un homme de petite naissance, Toussaint Rose. Assez âgé, d’esprit mordant et d’humeur agressive, Rose se faisait craindre de tous par ses mots caustiques et ses réparties impitoyables. Malheur aux écervelés en dentelles, marquis ou vicomtes, qui pensaient pouvoir lui manquer de respect : quelques mots du bonhomme, prononcés d’une voix sèche et narquois, suffisaient à les déconcerter. Ceux-ci en étaient fort irrités. Ils en parlaient un jour en attendant l’arrivée du roi.
« Personne, disait l’un d’eux, personne n’osera donc faire à ce vieux grincheux quelque bonne farce qui le désarçonne, et lui montre en quelle petite estime nous le tenons ?
- Bonne idée ! S’écria quelqu’un. Je me charge de tout, entendez-vous ? »
Des éclats de rire joyeux saluèrent cette réponse.
« Certes ! Reprit celui qui avait parlé le premier, si agressif que soit son caractère, jamais Rose n’osera s’attaquer à Monsieur le prince de Condé, du sang de France !…
- Que pourrait-il ? » ajouta en riant celui qu’on appelait Monsieur le prince.
Et, se penchant vers les courtisans, il leur parla assez longuement à voix basse. Ceux-ci ne se tenaient pas de joie. Bientôt Rose arriva dans la galerie, vêtu de noir, à son ordinaire, et promena autour de lui son nez pointu. Les jeunes marquis le saluèrent avec une gravité affectée.
« Monsieur Rose, dit le prince, j’aurais à vous parler.
- Parlez monseigneur.
- Voici. Vous possédez, monsieur Rose, près de mes domaines de Chantilly, de vastes terres, bien plantées d’arbres drus et forts.
- Effectivement, monseigneur, et je prends grand plaisir à m’y rendre souvent.
- Ah ! Monsieur Rose ! Votre voisinage m’est précieux !…. Cependant, j’aurais besoin, pour étendre mes chasses, de joindre à mes terres celles que vous possédez… Mes veneurs se plaignent d’être arrêtés par vos domaines…
- Ils n’ont qu’à courir moins vite, monseigneur, ils ne seront pas si tôt arrêtés.
-Vous ne voulez donc pas me vendre…
- A aucun prix, monseigneur.
- Cependant…
- Je suis, monseigneur, le plus dévoué, le plus humble et le plus obéissant de vos serviteurs. Toutefois, je garderai mon bien, dont il ne me plaît point de me défaire. »
Et, après une profonde révérence, Toussaint Rose s’éloigna.
« C’est bien ! Dit le prince aux courtisans… C’Est-ce que nous désirions… Quand il ira faire visite à sa terre bien-aimée, il verra… »
Et tous riaient bruyamment…
Quelques jours se passèrent, pendant lesquels le prince de Condé ne perdit pas son temps. Si bien que le dimanche suivant, comme Rose pénétrait dans son domaine, il fut tout étonné de voir un renard filer devant lui.
« Un renard en ces bois ! Jamais il ne s’en était vu… Cet animal va détruire les jeunes lapins et les petits faisans… Il faudra le faire disparaître… »
Au même instant, deux autres renards traversèrent le sentier, courant ventre à terre. M. Rose en demeura immobile de stupeur.
Il pénétra dans les fourrés. De tous les buissons, des renards débusquaient. Le bonhomme en était pâle de rage.
« Ah ! S’écria-t-il, je comprends. C’est une spirituelle facétie de Monsieur le prince, qui trouve plaisant d’endommager mon bien et de distraire ma chasse !… »
Il ne se trompait pas ; c’était bien Monsieur le prince qui avait fait porter dans son bois un lot magnifique de quatre cents renards vigoureux ! Et Rose continua :
« Il s’imagine que je suis sans recours… En effet, je ne peux m’adresser aux juges ordinaires ! Mais, morbleu ! Il verra ce à quoi il ne s’attend pas ! C’est au roi que je parlerai. Au roi lui-même !… Il a beau être premier prince du sang et premier seigneur de France, le souverain est encore au-dessus de lui !… »
Et Toussaint Rose, pestant toujours, remonta en carrosse, se fit conduire à Versailles dans la journée, au triple galop de ses chevaux de poste, puis aborda hardiment le roi qui, au milieu de ses jardins, causait avec quelques seigneurs entre lesquels se trouvait le prince de Condé.
« Sire, s’écria-t-il, je vous prie de me dire si nous avons deux rois en France ! »
Le roi rougit ; il n’était pas habitué à semblables apostrophes.
« Sire répondit Rose, c’est que si Monsieur le prince est roi comme vous, nous devons pleurer d’être soumis à ce tyran. S’il est seulement le premier prince du sang, je vous demande justice contre lui, comme s’il était le dernier de vos sujets. »
Qui ne riait plus ?… C’était le prince ! Il ne savait guère quelle contenance faire, pendant que Rose racontait à Louis XIV tout ce qui s’était passé ! Lorsqu’il eut terminé :
« Vous avez bien fait, dit le roi, de vous adresser à moi sans retard. »
Et, se tournant vers le prince de Condé :
« Monsieur ! Lui dit-il, d’une voix impérieuse et irritée, j’entends que dans le délai le plus bref, vous ayez, par le moyen de vos gens, fait disparaître ces animaux que vous vous êtes permis d’introduire en un domaine étranger. J’ordonne aussi que vous répariez sans retard tous les dommages qu’ils auront commis, et j’autorise M. Toussaint Rose à exiger de vous, comme compensation légitime, telle somme qu’il lui semblera bon !…
- Je ne veux que justice ! » dit Rose en s’inclinant.
Et il salua le roi, le prince, et tous les courtisans, qui ne songeaient plus à le railler. Quelques jours après, les renards avaient disparu, et tous les dégâts étaient réparés.
Le roi de France n’admettait pas que ses plus humbles sujets fussent molestés par les plus grands seigneurs.
A. BAILLY
Zodiaque : Les Poissons
POISSONS : le signe du reveur
Qui pleure sur ses amours perdues ? Qui nourrit le mendiant à sa porte ? Qui a la passion du dévouement ? Qui ? Les Poissons.
1° décan : Recherche de la vérité métaphysique -Saturne = plomb = noir
2° décan : Masochisme spirituel.Besoin d’accomplir une mission spirituelle. Sacrifice de soi - Jupiter = cobalt = bleu
3° décan : Infatigable dans les recherches psychiques. Adaptation facile- Mars = fer = rouge
Saison : Hiver
Elément : Eau (Humide-Froid)
Rythme Ternaire : Mutable
Planètes Bénéfiques : Jupiter, Neptune, la nuit (Bleu, Violet ; Note : Fa ; Nombre sacré : 4)
Planètes Maléfiques : Soleil, Mercure, Vénus
Pierres et Métaux : Aigue-Marine, Améthyste, Lapis-lazuli, Saphir, Topaze - Argent, Etain, Mercure, Nickel, Plomb, Zinc et Paladium
Figure de la Mythologie : Ichton
Gemmes : Cryolithe, Corail et Turquoise
Fleurs et arbustes : Thym, sainfoin, foin coupé, violette
Parfum : seringa
Animaux : Poissons et poisson tropical pour des relations apaisantes.
Couleurs : Bleu ciel, noir, vert, lilas
Jour : Jeudi (de nuit)
Chiffres : 2, 3 et 6
Vertu : La coopération
Facteur social déterminé : vie intérieure profonde, désintéressement, rêverie, plasticité
Mots clés : impressionnable, nébuleux, compatissant
Maison astrologique : douzième ( l’inconscient, les rêves, le sens du sacrifice)
Qualités : artiste, généreux, visionnaire, sensible
Défauts : irréaliste, avide, immoral, vindicatif
Eau des océans dans lesquels toutes les rivières se jettent ; fusion, osmose, infini
LE CORPS DU POISSONS
Les parties du corps gouvernées : pieds, système lymphatique, systèmes glandulaire et gastrique.
Méridien, d’acupuncture : intestin grêle.
Maladies : durillons, problèmes lymphatiques et glandulaires, pertes de mémoire, apoplexie, pleurésie, pneumonie, phlegmon, troubles mentaux, déformations des pieds, problèmes de peau.
Aliments : raisin, dattes, céréales, groseilles, asperges, gibier, sirop d’érable, melons, poisson blanc, champignons, vins et alcools.
Ce signe symbolise les pieds, le système lymphatique, mais aussi, avec la maison XII, les refroidissements et les maladies nerveuses. On les reconnaît à leur regard, vague et inexprimable, qui ne vous voit pas, mais on pourrait penser qu’il voit quelque chose de métaphysique derrière vous, votre aura, double, etc. Leur tempérament est rêveur, pacifiste, fantaisiste, disponible, incertain, agité, insaisissable, sans réponse. Ils naviguent de la douceur à la violence, traversés par des hauts et des bas incompréhensibles. Ils vous disent non, et peu après oui, tout en étant sincères sur leurs affirmations. Les Poissons sont le signe des amours doubles.
Présage : soucis et déceptions de la part des enfants. Esprit versatile et volubile. Bonne santé.
Dyonisos, Dieu rédempteur est le plus dérangeant des Dieux. Ceux qui refusent sa folie (Héra l’a rendu fou) sont déchiquetés, dévorés par ses ménades, femmes orgiaques et en perpétuelle extase. Il symbolise le défoulement des instincts, la sublimation de l’inconscient. C’est ce qui arrive au Poisson qui refuse sa propre originalité et incohérence, qui ne respecte pas la nature de cette énergie. Le Poisson est un signe qui recherche l’unité, la forme de l’informel, l’ordre issu du chaos...
Observations : Intuition, sentimentale, générosité, mythomanie, fabulation, sincérité changeante, esprit de sacrifice, amoralité, richesse intérieure infinie, masochisme, confusion des valeurs, laxisme, imagination, médiumnité, très haut sens, quasi religieux, de l’amour.
Réceptifs comme l’océan et souples comme leur homonyme animal, ils se sentent à l’aise dans n’importe quelle situation et glissent souplement entre les doigts de ceux qui cherchent à les coincer. Ce sont des sentimentaux, illogiques mais charmants et compréhensifs, qui aiment rendre service et se mettent souvent dans des situations compliquées où ils jouent un rôle de victime. Ils communiquent avec autrui par fusion, par osmose, sont parfois influençables et malléables mais retombent toujours sur leurs pattes... Si l’on peut s’exprimer ainsi.
Essence : Glycine
Parfums Magiques : Pivoine, fleur d’oranger, jasmin
Les bienfaits qu’ils sont censés répandre sur le natif :
Ils aiguisent les capacités d’observation et rendent plus pénétrants et plus subtils les natifs d’un signe qui aiment à sonder les coeurs et les reins. Ils leur apportent aussi la faculté de voir les choses avec humour. Ils les aident enfin à avoir quelque considération pour leur propre personne et à prendre soin de leur santé.
Période bénéfique : les Poissons sont les plus sensitifs du Zodiaque. Leurs natifs, comme ceux des autres signes “ double ”, ont aussi deux apparences physiques. En général, sous leurs traits harmonieux, ils sont paisibles, sensitifs, rêveurs, dévoués, réservés, altruistes, intuitifs, bienveillants, affables, émotifs. Ils ont beaucoup d’imagination, d’affection, d’idéalisme et de compréhension. Ils sont souvent doués artistiquement. Ils fuient souvent les responsabilités.
Période maléfique : sous leur aspect négatif, il faut signaler leur manque de volonté, leur indolence, leur faiblesse, leur indécision, leur pessimisme, leur narcissisme, leur timidité et leur éternelle insatisfaction. Ce sont des martyres volontaires, ils sont irritables, incompréhensibles, impressionnables et paresseux. Méticuleux, intrigants, très réservés, superstitieux et hypocrites.
Ils ne sont ni aptes ni doués pour les réalisations de grande envergure. Leur activité est souvent limitée par leur apathie, leur désintérêt et leur aboulie.
En réalité, le sujet neptunien des Poissons fuit toute situation où serait nécessaire une attitude décisive ou un acte immédiat. Quant à son aspect féminin, il sera incarné par une femme qui fera du spiritisme ou aura des extases mystiques... En elle se mêlent les deux aspects des Poissons et elle vit souvent les deux personnages.
Compatibilités et incompatibilités : les personnes nées sous les signes du Taureau, du Cancer, du Scorpion et du Capricorne sont les plus compatibles avec les Poissons.
Celles qui sons nées sous les Gémeaux, la Vierge et le Sagittaire ne sont pas compatibles avec les Poissons.
Et celles qui sont nées sous le Bélier, le Lion, la Balance et le Verseau n'influencent pas les Poissons.
Santé : il est rare que la vie d’un natif des Poissons s’achève sans qu’il ait connu la clinique ou l’hôpital... Ses maladies sont mystérieuses et provoquent de fréquentent erreurs de diagnostic. Il est souvent affecté par son système lymphatique et par des perturbations hormonales ; ses pieds sont son point faible. Il court des risques en abusant de tranquillisants, d’excitants, de tabac, d’alcool, de drogue... pour chercher des paradis artificiels et fuir aussi la réalité et la lutte quotidienne.
Profession : ils sont doués pour tous les domaines où l’intuition, l’imagination, le sens poétique et la psychologie sont nécessaires. Ce sujet est le résultat de son éducation et reflète l’ambiance de son enfance. Il a une grande mémoire et une belle faculté d’assimilation. Mais sa capacité intellectuelle est annulée par son manque d’énergie et de sens pratique.
C’est généralement une personne dévouée. On les trouve souvent comme piliers d’une administration, que ce soit dans une entreprise privée ou dans la fonction publique. La médecine leur va bien. Ils expriment aussi leur personnalité à travers l’art (écrivains, musiciens, peintres, poètes...). La femme de ce signe a du bon sens et un coeur généreux.
Caractère : le natif des Poissons peut arriver à être riche, mais toujours grâce à son travail et à sa persévérance. Quoique, souvent, il dépense sans compter pour des folies, des amusements et des affaires invraisemblables. Et c’est que, lorsqu’il s’agit d’intérêts, au lieu d’utiliser son tact ou sa capacité de réflexion, il compte sur sa chance. Généralement, il ne désire pas l’argent pour sa valeur en lui-même, mais parce qu’il pense à la sécurité qu’il offre. Il est conscient du temps qui passe et du risque d’avoir un jour à dépendre des autres. Le manque de fonds est un souci, mais quand il en a, il les offre souvent.
D’après les Egyptiens : le cosmos tout entier l’imprègne et le meut. L’homme des Poissons possède une vie intérieure plus riche que sa vie publique. Il reçoit et donne sans effort. Son désintéressement à l’égard des choses matérielles peut lui nuire quelquefois.
Rêveries, vit dans un monde irréel. Esprit influençable, malléable. Manque de réalisme. N’aime pas les responsabilités. Tient compte de l’opinion des autres. Indécision, sensibilité, intelligence intuitive. Idéal élevé. Gentillesse qui confine à la naïveté. Fatalisme.
Le point fort du Poissons est son don pour recevoir, pour sentir intuitivement, sa suggestibilité, son désintéressement, sa passivité face à son destin.
Le point faible : il vit dans le mysticisme, l’universalité et la plasticité la plus complète.
Amour : Vénus les couvre de son influence. C’est pourquoi leurs amours sont favorables et très stables. Pourtant, dans de nombreux cas, ils doivent se séparer prématurément de leur famille. Et il est très probable qu’ils se marient deux fois.
Normalement, leur vie est harmonieuse, qu’ils soient mariés ou célibataires. Personne comme eux ne sait s’exprimer amoureusement : ils savent entraîner l’être aimé dans leur univers changeant et poétique, créer une sorte de magie pleine de rites et de mystères. Les Poissons, surtout ceux du type neptunien, savent provoquer de violentes passions.
La femme Poissons : d’un naturel hypersensible, elle doit faire très attention lorsqu’elle choisit un mari. Très passionnée, c’est une compagne excellente qui s’adapte merveilleusement à la vie familiale. Elle est très efficace et sa maison devient un luxueux refuge. Parfois, cependant, elle cherche distraction et compagnie dans une ambiance artistique et intellectuelle.
Cette femme peut fournir cette tranquillité émotionnelle et spirituelle que certains hommes estiment tellement. Elle sera toujours l’épouse la plus dévouée, la plus aimable et la plus sympathique. Extrêmement sensible et obéissante, elle sera à tout moment une compagne merveilleuse et une mère affectueuse.
Recommandations : les natifs du Poissons doivent avoir confiance en eux-mêmes, être sereins et optimistes ; il faut qu’ils apprennent à distinguer entre l’utile et le superflu. Il est dans leur intérêt de rester insensibles aux inquiétudes qui peuvent naître dans leur tête, et de méditer afin d’essayer de voir les choses du bon côté.
Mettez toute votre ténacité à obtenir le succès ; mais ne vous endormez pas sur vos lauriers. Oubliez vos soucis habituels. Distrayez-vous en faisant du sport.
ASSOCIATIONS
Herbes et plantes : graines d’anis, poivre sauvage, bouleau, châtaignier, groseillier, marguerite, pissenlit, patience, figuier, varech, linette, marjolaine, noix de muscade, chêne, sauge, fraisier, nénuphar, mousse, saule, fougère.
Objets : verres, bateaux, bric-à-brac, déguisements, livres, photographies, coquillages, perruques, aquarelles, intruments de musique, ornements naturels type coquillages.
Professions et métiers : acteur, artiste, photographe, marin, guérisseur, vétérinaire, écrivain, pédicure, poissonnier, assistante sociale.
Sports et loisirs : cinéma, rêveries, peinture, photographie, natation, poésie, écriture, lecture, jeu de fléchettes, voile, théâtre amateur, musique, télévision.
LES POISSONS ET LE MONDE
Les Poissons symbolisent la spiritualité, l’universalité et l’intangibilité. Ils sont également liés à tous les lieux de retraite et de recueillement, aux sociétés, secrètes et à l’industrie du pétrole.
Pays gouvernés par le Poissons : Portugal, Islande, Tanzanie.
Villes gouvernées par le Poissons : Séville, Alexandrie, Rouen.
L’archétype des Poissons : Don Quichotte. Il se battit contre des moulins à vent, mais finit néanmoins par connaître la plénitude spirituelle.
CITATION
“ L’homme se trompe facilement lui-même, car il prend ses désirs pour la réalité. ” Démosthène (384-322 av. J.-C.)
LES POISSONS ET :
L’argent : habileté intuitive à gagner de l’argent par des voies créatrices, mais manque de moyens concrets.
Les couleurs qui conviennent le mieux à leur foyer : toutes les nuances de bleu pâle, de vert et de violet.
Les pierres précieuses : L’Améthyste : d’un effet calmant et apaisant, cette pierre est idéale pour les natifs de ce signe, d’un tempérament si sensible, qui souhaitent retrouver la paix intérieure. Elle est aussi connue pour protéger contre l’ivresse.
Le surnaturel : Facultés psychiques = visionnaire. Usages que vous pouvez en faire = rêves, voyance, taches d’encre, médiumnité.
Vos qualités en amitié : aimable, facile à vivre, généreux, philanthrope, altruiste, dépendant, influençable, peu sincère.
Vos recherches en amitié : individus progressistes et sociables, individus rêveurs, artistes et sectes secrètes.
La mode : Style = sportif, exotique, excentrique, subtile, mystérieux, trompeur. Couleurs = pourpre, brun, bleu, violet, gris pâle, teintes marines, et les tons pastels. Tissus = tweed, tissus délicats, transparents, mousseline, voiles transparents. Vêtements/accessoires = jupes, ceintures, bottes, chaussures, paillettes, voiles.
La forme : goût d’exercices plus “ spirituels ” comme le yoga ou le tai-chi. Difficultés à suivre un programme d’exercices ; privilégiez les sports aquatiques. Sports = marche, cheval, plongée, planche à voile.
La minceur : adoptez un régime clair et réaliste concernant les calories. Absorbez beaucoup de boissons chaudes dépourvues de calories. Réduisez le sel.
Les achats : Attitudes envers le shopping = rêveur, compatissant. Articles = tout ce qui se rapporte à la scène, vidéos, caméras.
Les déguisements : Cendrillon, corsaire, nonne.
Les lieux préférés : endroits dignes et solennels, cours de justice et églises, grandes bibliothèques, banques et institutions importantes, lieux de retraite, monastères, prisons, commissariats, hôpitaux et asiles.
L’aventure : de doux rêveurs. Leurs aventures sont pleines de fantaisie mais dépassent rarement leur cinéma de quartier !
L’esprit : esprit artiste. Stimulé par l’imagination. Ennuyé par la science et la raison.
Les possibilités célestes : suggère comment développer au mieux et élargir nos horizons ; indique comment parvenir au succès. Révèle notre potentiel à exécuter des actes désintéressés, ainsi que nos dons médiumniques et parapsychologiques.
Les problèmes à résoudre : affrontez vos problèmes au lieu de vous esquiver. Servez-vous de votre intuition pour trouver une réponse, puis agissez. La peur empire les choses.
Les enfants : Votre comportement = tendres et aimants, mais parfois trop peu exigeants. Le tempérament de vos enfants = imaginatifs et artistes ; doivent apprendre à se concentrer.
Les passe-temps : Vie sportive = fléchettes, natation. Arts = cinéma, photographie. Collection = amis gênants. Avec les mains = restaurer les tableaux. Jeux intellectuels = rêver, imaginer. Pour le plaisir = être séduit.
Le travail : expansif, gai, indépendant, honnête, imaginatif, menteur, inconstant, surprenant.
Les effets d’Uranus sur le signe des Poissons de 2004 à 2011 : s’efforce de devenir spirituellement indépendant.
Ingénieux stratagème
Le roi Louis XVIII, qui se défiait beaucoup de son ministre le prince de Talleyrand, et tenait néanmoins à le conserver, avait chargé un agent de police, réputé pour son intelligence et son habileté, de lire la correspondance et les papier du célèbre diplomate.
Voici l'ingénieux stratagème, qu'on croirait emprunté à une farce de théâtre et qui est absolument authentique imaginé et pratiqué par cet agent de police.
Chaque matin, après avoir travaillé dans son cabinet, M. de Talleyrand avait l'habitude de passer dans sa salle de bain ; avant d'y entrer; il ôtait sa robe de chambre et sa perruque, laissait l'une sur son fauteuil et posait l'autre sur son bureau.
A peine avait-il quitté son cabinet, qu'un domestique acheté par la police introduisait dans ce cabinet, par une porte dérobée, l'agent en question.
Cependant, il pouvait arriver qu'une main distraite ou indiscrète ouvrit l'autre porte, celle qui donnait sur l'antichambre et livrait accès aux visiteurs ; c'était un hasard auquel il fallait parer. On y avait pourvu de la façon suivante : avant de s'asseoir dans le fauteuil du prince, l'agent revêtait sa robe de chambre et sa perruque, et ce n'était qu'après s'être ainsi travesti qu'il s'installait au bureau.
La porte pouvait s'ouvrir alors : à la vue de cet homme en négligé du matin, accoudé dans une attitude méditative, qui ne se serait respectueusement retiré ? Qui aurait osé troubler dans ses profonds travaux le grand diplomate ?
L'agent de police pouvait se livrer tranquillement à ses délicates investigations.
Zodiaque : Le Verseau
VERSEAU : le signe du penseur
Qui est prêt à tendre une main secourable, mais refuse d’obéir ? Qui est attiré par les contradictions ? Un inventeur, un génie : le Verseau.
1° décan : Originalité. Inventions. Indépendance intellectuelle - Vénus = cuivre = vert
2° décan : Imagination mystique. Inspiration - Mercure = mercure = blanc brillant
3° décan : Recherche d’association platonique. Répressions volontaires des désirs - Lune = argent = blanc
Saison : Hiver
Elément : Air, Eau (Humide-Chaud)
Rythme Ternaire : Fixe
Planètes Bénéfiques : Saturne, Uranus, le jour (Noir ; Note : La ; Nombre sacré : 3)
Planète Maléfique : Vénus
Pierres et Métaux : Saphir, Turquoise, Zircon - Mercure, Plomb, Platine, Uranium, Cobalt
Figure de la Mythologie : Canopus
Gemmes : Saphir, perle noire, l’améthyste, aigue-marine
Fleurs et arbustes : Encens, myrte, romarin, primevère
Parfum : lavande
Animaux : Poissons de mer. Le singe et le chat de man pour l’originalité.
Couleurs : Noir, gris, bleu, vert, violet, bleu électrique
Jour : Samedi (de nuit)
Chiffres : 3, 5 et 8
Vertu : La spiritualité
Facteur social déterminé : bienveillance, sens du devoir, altruisme
Mots clés : indépendant, détaché, original
Maison astrologique : onzième (idéaux, engagement, amis, convictions humanitaires, espoirs et désirs)
Qualités : indépendant, généreux, amical, inventif, loyal, idéaliste, rationnel
Défauts : imprévisible, excentrique, rebelle, raisonneur, dénué de tact, entêté, pervers, indifférent
Air des cimes, qui relie le matériel au spirituel ; idéalisme, sens de l’humain, goût du progrès.
LE CORPS DU VERSEAU
Parties du corps gouvernées : chevilles, mollets, rendons d’Achille, tibias, système circulatoire, respiration, poumons, vue.
Méridien d’acupuncture : poumons.
Maladies : blessures dans le bas des jambes, varices, mauvaises circulation du sang, problèmes sanguins, troubles nerveux, ulcères, arthritisme.
Aliments : grenade, coing, noix de coco, betterave, porc, crustacés, rhubarde, aubergine, pousses de soja, artichauts.
Ce signe symbolise les jambes, les chevilles, les tendons, les poumons, le système nerveux et le système circulatoire de retour. Certains ne sont touchés par la morale. Ils peuvent avoir des yeux bleus et gris acier. La mise en pratique est leur gros problème.
Présage : intrigues et injustices des autres. Exposé à l’exil.
Prométhée permit de donner le feu (l’intelligence) aux hommes. Zeus le fit attacher à un rocher pour son crime, où un aigle lui dévorait le foie. Heraclès le libéra, car il avait donné à Zeus des informations divinatoires de la plus haute importance. Zeus ordonna à Heraclès de le libérer. L’intelligence fait mal, au début. Le Verseau souffre de son aptitude à penser, jusqu’à ce qu’il puisse l’utiliser.
Observations : Intuition intellectuelle, invention, désir d’aventure, dérèglement, pacifisme, sociabilité, illusionnisme, versatilité, artifice, ferveur, jeunesse, altruisme, sens mental très moral ou cynisme amoral.
Compréhensifs et idéalistes, épris de paix dans le sens le plus large du terme, ils se demandent souvent ce qu’ils sont venus faire sur cette planète. Ils ont besoin d’avoir un but mais sont rarement assez motivés pour prendre le « Taureau par les cornes ».
La passion les attire et les inquiète à la fois, et ils détestent être obligés à prendre un engagement direct, à s’impliquer à fond dans une situation ; dans ce cas, ils se détachent, prennent du recul. Tout en ne se sentant guère à l’aise dans les conflits, ils ont une sorte de courage tranquille. Certains sont originaux et se passionnant pour ce qui est nouveau.
Essence : Fougère
Parfums Magiques : Muguet, réséda, serpentaire
Les bienfaits qu’ils sont censés répandre sur le natif :
La rigidité des Verseaux en sera bénéfiquement contrée. Prêts à respecter les points de vue d’autrui, leurs capacités de compréhension en seront approfondies. Adeptes de la mesure, ils jouiront de leur grande capacité à nouer de vraies relations.
Période bénéfique : le Verseau est le signe de la beauté, de l’intelligence, des grandes découvertes, du progrès, de la liberté, de l’amitié, du « cérébral », de l’absence de préjugés. Son attitude est anticonformiste.
Bien que les natifs du Verseau puissent être parfois excentriques, ils ont le sens du romantisme, le goût des voyages, et sont vifs, altruistes, généreux, tolérants, fascinants, enthousiastes, géniaux, originaux, créateurs, volontaires, indépendants... D’une fermeté exceptionnelle, ils se soumettent difficilement à l’autorité et à la volonté des autres ; ils préfèrent suivre seuls leur chemin. Ils ont généralement plus d’amitiés masculines que féminines.
Période maléfique : si le Verseau se présente mal, ses natifs sont névrosés, intolérants, vains, susceptibles, bohèmes, hystériques, indolents, pervers, destructifs, ennuyeux, sans rigueur, fantasques.
Ils sont dépourvus de sentiments et totalement privés de conscience. Ce sont de vrais monstres enclins aux inventions malignes. Leur comportement déconcerte même ceux qui croient bien les connaître.
Compatibilités et incompatibilités : les sujets du Bélier, des Gémeaux, de la Balance et du Sagittaire sont les plus compatibles avec ceux du Verseau.
Par contre, ceux du Taureau, du Lion et du Scorpion ne le sont pas du tout.
Tandis que ceux des Poissons, du Cancer, de la Vierge et du Capricorne ont une influence indifférente sur le Verseau.
Santé : le Verseau est de tempérament sanguin/nerveux et sa vitalité est faible. L’épuisement intellectuel provoque chez lui l’insomnie, des maladies et une fatigue permanente qu’il traîne avec lui. Ses angoisses sont des manifestations nerveuses qui n’ont rien à voir avec des maux cardiaques. Il est également menacé par les varices.
Quand son caractère est brusque et spasmodique, sa nature est uranienne. Il doit surveiller l’état de ses vertèbres qui peuvent lui provoquer de nombreuses douleurs ainsi que des gênes. Un bon équilibre physique aidera son esprit à être optimiste.
Profession : les natifs du Verseau sont pratiquement indispensables dans le monde du théâtre, de la presse, de la radio, du cinéma et de la télévision. Ils essaient toujours d’innover, de réformer, de révolutionner et de travailler pour ce futur qui est leur champ d’action. Leur goût de l’extraordinaire les fait souvent s’intéresser à la science-fiction, à l’hypnotisme, à la télépathie, à la divination...
Dans l’art, ce sont des créateurs d’avant-garde ; et dans n’importe quelle activité scientifique, cette sorte d’inventeur astucieux qui adapte, modernise et rénove.
Ils sont passionnés par les religions, la philosophie et tout ce qui est en rapport avec les réactions humaines. Ils aiment énormément la mécanique électrique et s’orientent souvent vers la radiotélégraphie, la radioastronomie et toutes ces sciences électriques et électroniques. Souvent, leurs rêves utopiques les vouent à l’échec.
Caractère : l’argent n’est pour le Verseau qu’un moyen d’arriver à ses fins. Il n’est guère gaspilleur, même pas dépensier. Il fait souvent fortune grâce à ses inventions et ses découvertes. Ses efforts doivent être longs et patients, mais le travail d’aujourd’hui lui donnera la richesse de demain.
Peut-être est-il à la fois chanceux et malchanceux, car il a du talent et de l’ambition, mais il ne met pas toujours ces deux facteurs en jeu. Généralement, il attend que le succès vienne à lui ; il ne va pas le chercher.
D’après les Egyptiens : c’est le signe de la bienveillance fraternelle qui partage. C’est l’homme de l’innovation. Son sens du devoir l’ouvre aux autres.
Esprit de grandeur. Idées révolutionnaires, sens de l’innovation, de l’anticonformisme. N’a pas le sens du concret. Idées sociales. Confiance en lui et en son idéal. Besoin de s’associer, esprit collectif. Peu influençable. Ne montre pas sa tendresse. Donne facilement sa confiance.
Le point fort du Verseau est son esprit d’innovation, de fraternité, son sens de la collaboration fructueuse.
Le point faible : manque d’esprit pratique et est essentiellement anticonformiste dans ses actes et dans ses pensées.
Amour : le Verseau cherche dans l’amour la compagne avec qui il pourra avoir une entente intellectuelle, puis une entente affective et sentimentale, et, finalement, une entente physique et sexuelle. Rappelons que c’est le signe du Zodiaque qui provoque le plus de divorces et séparations. Ceci parce qu’il cherche des amours impossibles et a du mal à nouer des attaches.
Son caractère et son besoin d’indépendance ne le prédisposent pas à l’union légale. Il ne se marie donc pas souvent et vit en union libre avec la compagne choisie, qui est presque toujours intellectuelle.
Dans la vie sentimentale il est, plus qu’un amant passionné ou un mari paternel, un ami, un compagnon de route, autant pour les joies que pour les peines. C’est un collègue parfait.
La femme Verseau : cette femme a un grand charme personnel. On dirait qu’elle garde en elle-même la nature de plusieurs femmes. Elle est très efficace, intelligente, et travaille sans jamais paraître fatiguée. Souvent très élégante, elle aime bien s’habiller. Son amabilité et la simplicité de ses manières attirent les gens. Elle aime la vie sociale et adore sa famille.
Bien qu’elle soit apte à la vie matrimoniale et familiale, elle ne se marie pas facilement. Passionnée et émotionnelle, elle se laisse cependant guider plus par son intelligence que par son coeur. Elle porte à son mari une confiance absolue, mais si elle trouve une raison de poids, elle n’hésite pas à se séparer de celui qu’elle aime.
Recommandations : le Verseau doit défendre son indépendance avant tout. Et vivre son idéal sans se soucier des autres. N’oubliez pas que l’équilibre entre votre coeur et votre tête vous donnera une grande tranquillité spirituelle. Ne vous laissez pas effrayer par les choses qui vous semblent difficiles.
ASSOCIATIONS
Herbes et plantes : consoude, cytise, pensée sauvage, chanvre, mandragore, mousse, petite jacée, panais, pin, jonc, oseille, épinards, myrrhe, arbres fruitiers, orchidées, oliban.
Objets : art déco, bicyclette, bandes dessinées, ordinateur, matériel électronique, objets kitsch, vélo tout terrain, filofax, radio.
Professions et métiers : archéologue, astrologue, astronome, journaliste, informaticien, pilote, radiologue, scientifique, sociologue, écrivain.
Sports et loisirs : collections de gadgets, jeux informatiques, débats, aviation, ufologie, activités de groupe, astrologie, manifestations pour de bonnes causes.
LE VERSEAU ET LE MONDE
Le Verseau symbolise toutes les institutions démocratiques (les parlements, les assemblées, les institutions locales, etc.). Il est également lié aux organisations humanitaires et sensible aux actions révolutionnaires.
Pays gouvernés par le Verseau : Pologne, Suède, URSS, Chili.
Villes gouvernées par le Verseau : Hambourg, Moscou.
L’archétype du Verseau : l’Homme de Fer du Magicien d’Oz. En dépit de sa nature rationnelle et chaleureuse, il dut chercher très longtemps avant de trouver un vrai coeur.
CITATION
« Un pas en avant, deux pas en arrière. » Lénine (1870-1924)
LE VERSEAU ET :
L’argent : expert dans la prédiction des tendances et très inventif, mais pas très motivé par l’argent.
Les couleurs qui conviennent le mieux à votre foyer : le bleu, et aussi toutes les couleurs froides.
Les pierres précieuses : L’Aigue-marine : cette pierre étincelante évoque l’air, l’élément qui gouverne ce signe. Elle symbolise l’amitié et libérerait du stress.
Le surnaturel : Facultés psychiques = révélations soudaines, astrologie, pensées positives, biorythmes, visualisation créatrice.
Vos qualités en amitié : fidèle, pratique, raisonnable, organisé, magnétique, rebelle, explorateur, original.
Vos recherches en amitié : individus âgés, prestigieux, visionnaires, partageant les mêmes buts.
La mode : Style = formel, contrôlé, soigné, inhabituel, original, choquant. Couleurs = gris, vert foncé, marron foncé, teintes électriques. Tissus = lin, cuir, tissu fait main, viscose, motifs irréguliers, dessins excentriques ou psychédéliques. Vêtements/accessoires = costumes, sous-vêtements, montres, bikinis, bottines.
La forme : préférence pour les sports structurés et les buts à atteindre. Formes d’exercices inhabituelles, en ayant parfois recours au biofeedback. Sports = sports d’équipe, musculation, stretching, yoga.
La minceur : un régime très personnalisé vous conviendra bien, basé de préférence sur les règles de combinaison d’aliments.
Les achats : Attitude envers le shopping : imprévisible, averti des problèmes sociaux. Articles : électriques, astrologiques et équipement.
Les déguisements : professeur Nimbus, sylphide, explorateur.
Les lieux préférés : lieux de travail intense, porcheries et poulaillers, mines de charbon, cavernes, caves, lieux d’activités scientifique, générateurs d’électricité, centres « New Age », stations émettrices de radio.
L’aventure : Tout Verseau rêve d’accueillir les premiers extra-terrestres en visite sur terre. Ils ont en effet beaucoup de points communs.
L’esprit : esprit indépendant. Stimulé par les possibilités. Ennuyé par ce qui est établi.
Les possibilités célestes : montre dans quels domaines nous sommes obligés de travailler et de nous plier aux règles pour réussir. Montre dans quel domaine nous souhaitons dévier de la norme et nous présenter comme individu unique.
Les problèmes à résoudre : montrez-vous pragmatique et, une fois soupesé le pour et contre, agissez. Essayez de vous en tenir au présent au lieu de chercher vos réponses dans l’avenir.
Les enfants : Votre comportement = non conventionnels ; souvent plus amis que parents. Tempérament de vos enfants = originaux et créatifs, ont très tôt besoin d’indépendance.
Les passe-temps : Vie sportive = rugby. Arts = peinture abstraite. Collection = gnomes. Avec les mains = jouer avec des gadgets. Jeux intellectuels = débats, jeux informatiques. Pour le plaisir = transformer le monde.
Le travail : travailleur, discipliné, organisé, ambitieux, original, imprévisible, passionnant, surprenant.
Les effets d’Uranus sur le signe du Verseau de 1996 à 2003 : cherchera à établir la fraternité entre les hommes.
Un grand homme
Le maréchal Catinat, qui fut un des plus remarquables capitaines du règne de Louis XIV, était aussi modeste que bon et désintéressé. Son caractère prudent et réfléchi lui avait fait donner par ses soldats le surnom de Père la Pensée. La simplicité de son extérieure était égale à son indifférence pour les honneurs. Ennemi des cabales et de l'intrigue, il s'était élevé à la première dignité militaire sans avoir jamais rien demandé.
Ayant été porté, en 1705, sur une liste de nouveaux chevaliers des ordres du roi, Catinat refusa cette faveur, et comme des membres des a famille lui reprochaient ce refus :
"Eh bien ! leur dit-il, rayez-moi de votre généalogie !"
Le roi lui demanda un jour, après sa retraite volontaire, pourquoi on ne le voyait plus à la Cour, et si quelque affaire le retenait constamment dans son château de Saint-Gratien :
"Aucune, Sire, répondit le maréchal ; mais la Cour est très nombreuse, et j'en use ainsi pour laisser aux autres la facilité d'offrir leurs hommages à Votre Majesté."
On cite souvent sa belle réponse à un officie, qui, après une bataille meurtrière, l'ayant entendu donner l'ordre de rallier les troupes et de les ramener contre l'ennemi, lui vait représenté qui les conduisait à une mort certaine :
"Il est vrai, fit Catinat, le trépas est devant nous, mais la honte est derrière !"
En envoyant à la Cour la relation de la bataille de Staffarde, qu'il venait de gagner, Catinat ne s'y donnait, selon son habituelle modestie, que la part d'un simple soldat. Tous les colonels y étaient nommés, et le roi, au rapport général, avait à chacun d'eux une obligation particulière. Catinat terminait en s'excuqent au sujet de ceux qu'il oubliait. La Cour n'apprit ses propres exploits que par les lettres particulières de différents officiers ; on sut que deux de ses chevaux avaient été tués sous lui, qu'il avait reçu plusieurs coups de feu dans ses habits, et une contusion au bras gauche. En un mot, il était si peu question du général dans cette relation, que, quand elle fut rendue publique, un nouvelliste, qui en avait écouté la lecture, demanda d'un air de curiosité :
"M. de Catinat assistait-il à la bataille ?"
La vie que Catinat menait pendant la paix était fort simple : il se plaisait dans la société de sa famille, allait les dimanches entendre l'office dans la sacristie des Chartreux, et se promenait ensuite dans leur enclos. M. Le Roi, son ami, qui l'accompagnait dans se promenades, raconte qu'un jour ses enfants, s'amusant à jouer pendant qu'il causait avec le maréchal, jetèrent leurs chapeaux sur les arbres, pour en faire tomber les nids d'oiseaux ; les chapeaux restèrent suspendus aux branches. Le père arrive et veut essayer de les décrocher en y lançant sa canne, qui, par malheur reste aussi sur les branches. Le maréchal, pour les tirer tous d'embarras, grimpe à l'arbre, finit, son sans quelques efforts, par atteindre la canne, et fait ensuite tomber les chapeaux.
La simplicité de caractère et de mise du maréchal Catinat fut regardée par quelques envieux comme l'effet d'un orgueil délicat.
"Cet habit de drap uni, dont le maréchal est toujours vêtu, est pour lui, disaient-il, la manière la plus sûre de se faire remarquer."
Mais la conduite de Catinat démentait cette calomnie, puisqu'il savait sortir de cette simplicité quand il était obligé d'assister à quelque cérémonie d'éclat. Il était alors vêtu comme les autres : on le voyait avec des habits magnifiques, mais qu'il quittait avec plaisir, lorsque le moment de la représentation était fini.
Le costume habituellement simple du maréchal donna lieu à plusieurs anecdotes.
En voic deux des plus caractéristiques :
Se trouvant un jour à la messe dans l'église des Jacobins, un précepteur qui ne le connaissait pas, se permit de faire passer devant lui ses élèves, et l'obligea même à leur céder sa place.
Une autre fois, étant allé pour affaire chez un premier commis des Finances, les valets le firent attendre longtemps dans l'antichambre. Un nouvel arrivant l'ayant reconnu, s'empressa d'avertir le commis.
"M. le maréchal de Catinat est là..."
Le commis sortit aussitôt de son cabinet pour présenter ses excuses au maréchal.
"Ce n'est pas ma personne, lui répondit Catinat, que vous avez eu tort de laisser se morfondre à votre porte. Qu'importe ma personne ? Mais vous auriez dû respecter en moi l'officier : quels qu'ils soient, les officiers sont tous également au service du roi, et vous êtes payé par lui pour leur répondre."
Catinat mourut en 1712, dans son château de Saint-Gratien.
A. C.






