Histoire et Esotérisme

13 avril 2016

Louis XIV et son porteur

Dans les dernières années de sa vie, Louis XIV marchait difficilement, et ne sortait plus qu'en chaise à porteurs. Il s'était accoutumé aux services d'un de ses domestiques, nommé d'Aigremont, son porteur de devant, qui ouvrait et fermait toujours la portière de la chaise, et il lui témoignait une grande bienveillance. La moindre préférence accordée par les souverains au plus humble de leurs serviteurs ne manque jamais d'être remarquée.
Le roi avait fait quelque bien à la nombreuse famille de cet homme, et lui adressait souvent la parole pour s'informer de son sort ou de celui des siens.
Un abbé attaché à la chapelle de Versailles s'avisa de prier d'Aigremont de remettre au roi un placet dans lequel il suppliait Sa Majesté de lui accorder un bénéfice. D'Aigremont eut l'imprudence de se charger d'un tel message. D'un ton très fâché, le roi dit à son serviteur, lorsque celui-ci lui remit le placet :

"D'Aigremont, on te faire une chose très déplacée, et je suis sûr qu'il y a du mercantilisme là dedans."

Le roi voulait dire par là que le porteur dû se faire payer sa peine. Mais d'Aigremont ignorait le sens du mot mercantilisme, ne connaissait même pas le terme, aussi, répondit-il au roi, et d'un air très effrayé :

"Non, Sire, il n'y a pas le moindre mécanisme là dedans, je vous le jure ! M. l'abbé m'a simplement promis qu'il me donnerait cent louis pour me charger de cette commission.

- Eh bien, mais c'est ce que j'appelle du mercantilisme ! repartit le roi. D'Aigremont, ajouta-t-il, je pardonne à ton ignorance et à ta sincérité. Je te ferai donner les cent louis sur ma cassette, mais je te ferai chasser la première fois que tu t'aviseras de me présenter un placet. Ce n'est pas là ton affaire, et tu n'es chargé que de porter les brancards de ma chaise et d'ouvrir ma portière."

Posté par choupanenette à 18:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


26 octobre 2014

L'araignée de Pélisson

Pélisson, secrétaire du roi Louis XIV, était grand ami du surintendant Fouquet. Attaché à la personne de ce ministre, il avait été son collaborateur dévoué et s'était acquis la réputation d'un homme de bien.
Fouquet, ayant déplu au roi par ses immenses richesses, fut accusé d'avoir volé l'Etat, et condamné, presque sans jugement, à un emprisonnement perpétuel.
Pélisson, loin de suivre l'exemple de ceux que le malheur éloigne, n'abandonna pas dans son désastre celui avait fait sa fortune. Il osa tenter de le justifier.
Louis XIV, croyant voir dans cette généreuse conduite un blâme à son autorité absolue, en fut irrité. Il fit enfermer Pélisson à la Bastille. L'ami fidèle du surintendant fut soumis à un régime sévère : il n'avait à sa disposition, ni encre, ni papier, ni livres. Pourtant on lui donna un compagnon, un paysan basque, qui passait son temps à jouer de la musette.
Le pauvre prisonnier ne savait comment employer ses longues journées ! Dévoré d'ennui, il inspectait avec découragement les murs de son cachot. Tout à coup, il aperçut dans un coin une araignée qui tendait ses fils. Il se mit à l'examiner. Infatigable, elle allait et venait, s'accrochant ici, puis là, tissant sa toile avec adresse. 
Pélisson avait suivi avec intérêt tous ces mouvements. Il se promit de respecter un travail qui avait demandé tant de peine et laissa vivre la bestiole.
Soudain, le basque s'étant mis à jouer de la musette, la tisseuse, suspendue à son léger fil, descendit jusqu'à la hauteur de l'épaule du joueur.
Tant que l'instrument se fit entendre, elle demeura immobile. Dès qu'il cessa, elle remonta chez elle. Une heure après, le même manège recommença.
"Tiens, tiens ! se dit Pélisson, mon araignée aimerait-elle la musique ?"
Il en acquit en effet bientôt la certitude.
Ce fut un motif de plus pour rendre la petite bête sympathique au détenu.
"Si elle est sensible à la musique, se dit-il, elle doit être susceptible d'une certaine éducation."
Il songea à l'apprivoiser et s'appliqua à lui présenter des mouches et autres insectes qu'il pouvait attraper. Ce fut une oeuvre de patience qui demanda plusieurs mois. A la fin, l'araignée s'accoutuma si bien qu'elle sut prendre la musette pour un signal. Aux premiers sons, elle arrivait chercher sa proie jusque sur les genoux de son maître.
Le captif avait lis ainsi un intérêt dans sa triste vie.
Hélas ! on devait lui ravir encore.
Un jour, le gouverneur de la Bastille étant venu visiter Pélisson, lui demanda à quoi il occupait ses loisirs. Le prisonnier, dans sa candeur, lui présenta sa petite amie, et le méchant homme eut la cruauté d'écraser l'insecte en ricanant.
"Ah ! Monsieur s'écria Pélisson navré, pourquoi ne m'avez-vous pas plutôt cassé le bras !"
Hâtons-nous de dire que ce gouverneur fut bientôt puni de sa mauvaise action par la disgrâce royale. Mais cela ne pouvait consoler la grande âme de Pélisson de la perte de sa petite compagne d'infortune.

Marie de GRAND'MAISON 

Posté par choupanenette à 11:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

26 mai 2014

Cruel mot d'esprit

Henri VIII, roi d'Angleterre, était un tyran qui n'hésitait jamais à faire couler le sang. Il apprit, certaine fois, que l'évêque Fisher avait été élevé au cardinalat ; c'était une récompense de sa fidélité au Saint-Siège, au milieu de la révolte du souverain contre l'autorité papale.
"Le pape peut lui envoyer un chapeau de cardinal, dit le monarque en colère, je ferai en sorte qu'il n'ait pas de tête pour le porter !"
Le roi tint parole : peu après, l'évêque Fisher était décapité.

Posté par choupanenette à 16:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

17 avril 2014

L'enfance du Roi Henri

Avril201_001

Le jeune Henri de Bourbon, prince de Béarn - qui devait être plus tard roi de France, sous le nom de Henri IV - ayant passé son enfance au milieu des populations Pyrénéennes, resta toute sa vie, pour la bravoure et la franchise, un vrai fils de la montagne.
Henri avait douze ans lorsqu'il dut quitter sa province pour venir faire son éducation à la cour de France, à côté de son cousin, le roi Charles IX, qui n'avait que trois ans de plus que lui.
Les manières un peu rudes du béarnais contrastèrent d'abord avec les moeurs raffinées des jeunes courtisans de la cour des Valois ; mais les reparties d'Henri étaient si spirituelles, son rire si communicatif qu'il plut vite à tous, et particulièrement au jeune monarque.
Henri de Bourbon, dont l'instruction avait grand besoin d'être complétée, suivait les leçons du sage La Gaucherie, qui lui avait été donné comme précepteur.
Un pourpoint de velours avait remplacé sa veste brune, ses hauts-de-chausses étaient en beau tissu soyeux, et sa fraise en fin linon. De son enfance, il avait conservé l'habitude de se couvrir rarement la tête : c'était le plus souvent à sa main que brillait sa toque emplumée.
A ses qualités de bravoure, de droiture, d'esprit, de gaîté et de bonté, le futur roi de France et de Navarre ajoutai un profond sentiment de l'honneur.
Un jour, Henri était entré vivement, comme toujours, dans la salle d'étude, et sans perdre de temps s'était assis devant la grande table chargée de livres où il venait chaque matin.
Son précepteur était déjà installé. L'enfant dit aussitôt :
"Eh bien ! messire, qu'allez-vous m'apprendre aujourd'hui ? Votre leçon sera-t-elle amusante ? Yaura-t-il des batailles ? Les combats, les victoires ! Voilà ce qui me plaît !
- Pourtant, dit gravement La Gaucherie, la paix seule assure la prospérité d'un État.
- Moi, j'aime la guerre, reprit l'élève avec animation, il n'y a que les peureux qui la redoutent, et je ne suis point de ceux-là, croyez-le, messire.
- Hélas ! monseigneur, c'est très joli sans doute de briller, d'être un héros de combat ; mais qui peut se dire vainqueur à l'avance ? Et le fût-on, ne savez-vous pas que le peuple, même victorieux, souffre et gémit dans les luttes ? Le calme au contraire lui apporte bonheur et richesse.
- Oui, je comprends, dit le jeune prince, devenu tout à coup rêveur. Je ne songeais qu'à mon propre plaisir en parlant de la sorte. Un souverain doit tout sacrifier à son peuple, pour le rendre heureux," acheva-t-il en soupirant.
Puis reprenant son enjouement :
"Nous voici loin de l'Histoire, je vous écoute, messire."
La Gaucherie ouvrit le livre. Commençant d'une voix ferme et en accentuant chaque mot, il reprit à l'endroit où il était resté la veille :
"En ce moment, le roi François Ier perdit un de ses appuis, car le connétable de Bourbon, dauphin d'Auvergne, ayant été mécontenté par l'injustice de Madame Louise de Savoie, se tourna vers l'Espagne et donna le triste spectacle d'un prince du sang traître à son pays."
L'enfant devint blême. Ils se leva, tremblant de colère, et s'écria :
"Osez répéter ce que vous venez de dire.
- Quoi ? La trahison du connétable de Bourbon..
- Vous mentez, monsieur, il ne peut y avoir de traître dans ma famille.
- Je ne dis pourtant que la vérité, répondit le gouverneur avec calme.
- Non, non, c'est impossible," criait Henri les poings crispés, la gorge contractée.
La Gaucherie, très froidement, ferma le livre en disant :
"Il est inutile que je continue, puisque Votre Altesse a cessé de croire en ma parole."
L'irritation du petit prince commençait à tomber en face de la gravité de son précepteur. C'est la voix pleine de larmes qu'il reprit :
"Pourquoi m'insulter et me dire que j'appartiens à une famille de traîtres.
- Le fait que j'ai rapporté est connu de tous, monseigneur ; mais parce qu'un rameau s'est flétri, est-ce une raison pour que l'arbre entier doive s'en ressentir ? Le connétable a agi dans un moment d'exaspération, rendant sa faute irréparable. Prenez garde, messire, de l'imiter. On doit craindre de celui qui ne peut dominer un instant sa colère.

Avril201_002


Henri ne songeait plus à se révolter  ni à cacher son émotion : cette fois il pleurait.
"Je vous dois des excuses, messire, dit le futur roi, et, si dur que soit votre enseignement, j'ai foi dans ce que vous m'avez dit.
- Bravo, monseigneur, c'est un honneur même pour un prince que de savoir reconnaître ses torts."
Et rouvrant le livre, La Gaucherie continua :
"Le connétable prêta secours à Charles-Quint, rival souvent heureux du roi de France. Étant à la bataille de Rebec, il rencontra Bayard mourant et le plaignit sur son état : "Ce n'est pas moi qu'il faut plaindre, répondit le chevalier sans peur et sans reproche, mais vous qui avez trahi votre roi, votre patrie et votre serment."
- Oh ! la belle réponse, s'écria Henri, je la retiendrai !"
Puis saisissant une plume, il s'élança d'un bond vers le tableau généalogique des Bourbons qui était suspendu à la muraille.
"Que faites-vous ? demanda le gourverneur surpris.
- J'efface le nom détesté du connétable pour mettre à sa place celui du noble Bayard."
La Gaucherie, ému, se leva et, serrant l'enfant dans ses bras, s'écria :
"Ah ! monseigneur, combien je suis fier d'avoir un élève tel que vous..."
Le roi devait toujours conserver ce sentiment de l'honneur et de la loyauté, qui se manifestait déjà chez le jeune élève du brave La Gaucherie.

Marie DE GRAND'MAISON

Posté par choupanenette à 08:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

13 avril 2014

Anecdotes de rois

Les plus braves
Quelques soldats vantaient leurs blessures en présence de Louis XII.
"Ces blessures, qui vous les a faites ? demanda le roi.
- Sire, répondirent les guerriers, ce sont les ennemis de Votre Majesté.

- Ils sont donc plus braves que vous !
- Non, sire, reprend l'un d'eux, il n'ont fait que nous blesser et nous les avons tués !"

Les bésicles de Louis XV
Lorsque les bureaux de la Guerre furent réinstallés sous son règne, Louis XV vint les visiter.
Il voulut tout voir, entra partout.
Ayant aperçu sur une table une paire de lunettes, il la prit en disant :
"Voyons si elles valent les bésicles dont je me sers."
Ses yeux tombèrent alors naturellement sur un papier habilement disposé et contenant un éloge pompeux du souverain et du duc de Choiseul, son ministre ; le roi repoussa vivement ces lunettes :
"Elles ne sont pas meilleures que les miennes, s'écria-t-il, elles grossissent trop les objets."

L'avarice de Louis XIII
Une excessive avarice était un des traits distinctifs du caractère de Louis XIII.
On lui dit un jour que Corneille voulait lui dédier sa tragédie Polyeucte. Aussitôt il se rappela que le poète avait reçu deux cent pistoles pour Cinnus ; il dit :
"Ce n'est pas nécessaire !
- Ah ! sire, lui répondit-on, ce n'est pas par intérêt.
- Bien ; alors, cela me fera plaisir."
Le pauvre roi mourut avant la publication.

Mot de conquérant
Napoléon 1er disait un jour au comte de Ségur :
"Que dirait le monde, si je venais à disparaître ?
- Ah ! sire, répondit le comte, quel deuil, quels regrets !...
- Vous vous trompez ! répartit l'Empereur. 
Il dirait : "Ouf !"

Posté par choupanenette à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


10 avril 2014

Les chevaux favoris de Napoléon

L'histoire ne nous a transmis que le nom d'un seul cheval d'Alexandre le Grand, celui de l'illustrre Bucéphale. 
Napoléon, qui est un moderne Alexandre, eut au moins vingt chevaux de bataille, et des particularités intéressantes se rattachent à quelques-uns d'entre eux.
Assez mauvais cavalier, souvent désarçonné, Napoléon avait besoin de chevaux admirablement dressés, que son grand écuyer,  nommé Jardin, préparait en leur battant le tambour, en leur tirant des pétards aux oreilles, en agitant des chapeaux devant leurs yeux.
Ces chevaux, que Napoléon choisissait de préférence parmi les Arabes, portaient souvent les noms des batailles auxquelles ils avaient pris part ; il y avait Marengo, Wagram, d'autres encore.
Alors qu'il était premier Consul, il franchit le Mont Saint-Bernard sur un cheval nommé la Styrie.
Le noble animal figure dans le tableau de David qui représente Bonaparte s'élevant au-dessus de ces rochers réputés inaccessibles.
Pendant la campagne d'Egypte, la mer Rouge, montant avec une rapidité effrayante, manqua un jour d'engloutir le cheval qui portait l'empereur. Le cheval, après avoir bravement lutté contre les vagues, se noya.
Un garde de l'escorte, sauve, en le chargeant sur ses épaules, le cavalier qui a raconté cet épisode dans le Mémorial de Sainte-Hélène :
"Profitant de la marée basse, écrit-il, j'étais allé fort avant sur le rivage de la mer Rouge, à pied sec ; au retour je fus pris par la nuit et m'égarai au milieu de la marée montante, je courus le plus grand danger ; je faillis périr de la même manière que Pharaon, ce qui n'eût pas manqué de fournir à tous les prédicateurs de la chrétienté un texte magnifique contre moi."
Le cheval noyé dans la mer Rouge fut remplacé par un cheval blanc nommé Ali, du nom d'Ali-Bey, son ancien maître. Un dragon du 18e régiment l'avait pris, il fut acquis par le général Menou, qui le céda au premier Consul. Ali, dont la robe blanche était magnifique, devint le cheval favori de l'Empereur ; sur le champ de bataille, où il parut souvent, il montrait le même froid courage que son maître, impassible sous les obus qui éclataient près de lui, devant les boulets qui roulaient à ses pieds.
Le jour du retour des cendres de Napoléon, le 15 décembre 1840, les curieux admiraient un prétendu cheval de bataille de l'Empereur, qui portait la selle et les harnais historiques.
L'imagination populaire n'en est pas à une légende près : depuis plusieurs années le dernier cheval de l'Empereur, celui de Waterloo, était mort dans les écuries d'un fidèle de l'Empire.
La seconde génération même avait disparu : Phénix, fils de Bacha, que Napoléon montait à la bataille d'Iéna, avait été tué dans la plaine Saint-Denis pendant la campagne de France.

Posté par choupanenette à 08:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

06 avril 2014

Clermont-Ferrand

Au milieu d'un bassin semi-circulaire limité par une chaîne de monts en amphithéâtre que domine de toute sa majesté le Puy-de-Dôme, s'élève la ville de Clermont, baignée par la Tiretaine.
Elle s'appelait aux temps gallo-romains Nemetum et ne manquait pas d'une certaine activité. Mais ce sont les malheurs de Gergovie, sa voisine, qui contribuèrent le plus à sa prospérité primitive parce que ses habitants vinrent y chercher un refuge, après que César eut assiégé et détruit leur cité.
Désormais, consacrée à Auguste qui l'agrandit, la dota d'un capitole et d'un forum, constituée en municipe, elle devint la capitale de l'Avernie. Comme elle s'imprégna rapidement de la civilisation des conquérants, les empereurs y établirent un Sénat et une école de droit latin. Les arts y furent cultivés avec succès et les maîtres habiles qui y enseignèrent les belles-lettres lui firent un grand renom. Le temple de Mercure, dressé à proximité, sur une montagne, en faisait un lieu très fréquenté. On y voyait une statue colossale du dieu, en bronze, mesurant 122 mètres de haut, et que Pline appelle une merveille du monde.
Les Vandales et les Sarrazins la saccagèrent successivement et c'est au VIIe siècle qu'elle prit sa dénomination actuelle de sa citadelle qu'on désignait sous le nom de Clarus-Mons.
C'est dans ses murs que Pierre l'Ermite prêcha la première croisade, en 1095, à la suite d'un concile fameux dont les conséquences politiques ont été considérables.
Montferrand, achetée par Philippe-le-Bel, devint la ville du roi, le siège de sa justice et ce n'est que lorsque Clermont fut adjugée à la couronne, à la suite d'un procés gagné par Marie de Médicis, que le parlement s'y transféra. Tout le mouvement s'y porta aussitôt et Montferrand, délaissée, tomba dans une décadence complète. Aujourd'hui rattachée officiellement au chef-lieu, elle n'en est plus guère qu'un faubourg qui sera incessamment englobé quand les constructions en cours seront achevées.
Cette ville qui, au moyen-âge, a beaucoup souffert des guerres civiles et de l'invasion anglaise, n'a, dans les temps modernes, presque pas d'histoire, comme les peuples heureux.
Restée la capitale de l'Auvergne jusqu'à la Révolution, elle est devenue un des centres les plus actifs du Plateau-Central et s'offre au touriste comme une assez jolie ville qui paraît triste, surtout dans les vieux quartiers dont les rues sont resserrées et bordées de hautes maisons de la Renaissance avec des façades historiées. Et cette physionomie sombre, qui lui vient de ce que ses habitations sont bâties en lave de Volvic - village distant de 8 kilomètres - couleur presque noire forme un contraste très vif avec la campagne d'alentour, ici, riante, avec la fertile plaine de la Limagne, là, sauvage, avec ces volcans qui élèvent leurs dômes, ces coulées basaltiques qui s'allongent en tables découpées par le lent travail des siècles, partout digne de la plus vive admiration, si, par endroits, l'homme ne s'était plu, avec un bon goût parfois douteux, à contrarier et à amoindrir l'oeuvre superbe de la nature.

Posté par choupanenette à 09:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 avril 2014

Trait de courage d'un médecin militaire

En 1799, l'armée française qui était en Syrie, sous les ordres du général Bonaparte, fut attaquée par la peste. Les malheureux qui étaient atteints de cette horrible maladie devenaient un objet de répulsion pour leurs camarades, et étaient abandonnés sans soins.
Desgenettes, le médecin en chef de l'armée, était persuadé que le maladie n'était pas contagieuse et il voulut faire passer cette conviction dans l'esprit des soldats. 
Un jour que le général Bonaparte faisait une visite à l'hôpital des pestiférés de Jaffa, Desgenettes s'appocha d'un des malades, ouvrit avec une lancette une des pustules, puis il se fit à lui-même au bras une piqûre avec la même lancette, introduisant le mal dans sa chair.
"Si la peste est contagieuse, dit-il, je l'aurai. Mais vous verrez que je ne l'aurai pas."
Puis il alla montre son bras à tous ceux qui étaient présents. Le médecin chef ne fut pas malade, et le courage dont il avait fait preuve rendit confiance aux soldats et aux malades.
Il convient d'ajouter qu'il dut à un heureux hasard de n'être pas atteint, car il est aujourd'hui démontré que les boutons de la peste communiquent la terrible maladie.

Posté par choupanenette à 15:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 février 2014

La loi des trois frères

Chaque fois que trois frères se sont succédé sur le trône de France, il y a eu un changement de dynastie. Et ce fait s'est répété trois fois :

Philippe IV a laissé pour successeurs ses trois fils : Louis X (1314), Philippe V (1316) et Charles IV (1322). Avec ce dernier prince la dynastie directe des Capétiens meurt et, après lui, commence celle des Valois.

Henri II a trois fils, qui lui succèdent à tour de rôle : François II, Charles IX, Henri III. Les Valois s'éteignent avec ce dernier roi.

Trois Bourbons renouvellent encore ce fait étrange : les trois petits-fils de Louis XV : Louis XVI, Louis XVIII et enfin Charles X.

Posté par choupanenette à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

26 janvier 2014

Dangereux bon mot

Le duc D'Aiguillon était gouverneur de Bretagne, lorsqu'en 1758 les Anglais firent une descente à Saint-Cast, près de Saint-Malo ; les troupes françaises, sous son commandement, battirent complètement les Anglais, qui furent obligés de se rembarquer à la hâte.
Pendant une partie de l'action, le duc s'était tenu dans un moulin, qui était à portée du champ de bataille.
Lorsqu'il fut de retour à Rennes, ses amis ne cessaient d'exalter sa conduite et disaient qu'il avait fait preuve d'une très grande valeur dans la journée de Saint-Cast. Le célèbre La Chalotais, procureur général au Parlement, ne voulait pas en convenir ; il n'aimait pas le duc, et quelqu'un ayant dit en sa présence :
"A Saint-Cast, le duc d'Aiguillon s'est couvert de gloire !
- Et de farine surtout !" ajouta La Charolais, par allusion au dit moulin.
Ce bon mot, qui était du reste très mal fondé, fut rapporté au duc, qui, dès ce moment, devint l'ennemi mortel de M. de La Charolais. Emprisonné, exilé, molesté et persécuté de mille façons, La Charolais paya cher cette caustique et inique épigramme, dont, comme on le lui dit souvent, il eût sagement fait de s'abstenir.

Article de Mon Journal publié en 1904

Posté par choupanenette à 15:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,