La guerre civile qui agita la France pendant les premières années de la Révolution est encore peu connue dans ses détails, et nous doutons fort que le temps nous la fasse mieux connaître. Ce fut une rude guerre ; elle mit en mouvement des armées considérables, elle usa les plus grands généraux des deux partis ; il ne fallut rien moins que le génie et l'ardeur de Marceau, de Westermann, de Hoche, pour imposer une capitulation qui ne fut guère qu'une trêve. Les Chouans et les Vendéens n'étaient pas hommes à lâcher pied pour quelques défaites. En 1815, pendant les Cent-Jours, ils se révoltèrent de nouveau et il fallut que Napoléon envoyât contre eux un corps d'armée entier sous le commandement d'un excellent général, Travot. Celui-ci, qui n'était pas moins diplomate que militaire, parvint à pacifier les uns, à tenir les autres en respect. Mais la coalition qui s'était formée contre Napoléon dut à cette révolte de l'Ouest l'absence d'un corps d'armée française sur le champ de bataille de Waterloo. L'on voit par cet exemple peu connu combien les événements historiques tiennent les uns aux autres. Notre gravure représente un des incidents des commencements de la guerre civile, une fuite éperdue des blancs devant les bleus, c'est-à-dire des royalistes devant l'armée républicaine. Tout plie devant ces derniers, tout cède, et la retraite devient un désastre. L'armée vendéenne traînait presque toujours après elle les familles de paysans qui la composaient ; aussi pour elle toute défaite avait-elle pour épilogue des scènes affreuses de tueries.
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