Napoléon ayant demandé à Chaptal pourquoi le sucre râpé ou pilé était moins bon que le sucre en morceaux, il répondit : "Sire, il existe trois substances dont les principes sont les mêmes : le sucre, la gomme, l'amidon ; ces substances ne diffèrent que par certaines conditions dont la nature se réserve le secret, et je crois que dans la collision qu'exerce le pilon, quelques parties sucrées passent à l'état de gomme ou d'amidon, et causent la différence qui a lieu dans ce cas." Et Chaptal avait raison. La chaleur résultant du choc du pilon ou de l'action de la râpe, transforma une partie du sucre savoureux en dextrine insipide.

Le maréchal de Luxembourg faisait la guerre comme Condé ; d'une santé débile dans un corps contrefait, il était, comme son maître, plein de fougue et d'élan : "Ne pourrais-je donc jamais venir à bout de ce petit bossu !" disait un jour avec dépit le roi d'Angleterre. "Comment sait-il que je suis bossu, s'écria Luxembourg en apprenant ce que Guillaume avait dit, puisqu'il ne m'a jamais vu lui tourner le dos ?"

Un jour Jean Bart conduisait le prince de Conti, qui venait d'être nommé roi de Pologne. Attaqué par les Anglais, il courut le danger d'être pris. Comme le prince lui témoignait sa joie d'être encore libre : "Nous n'avions pas à craindre d'être faits prisonniers, répondit le brave marin ; mon fils était à la sainte-barbe prêt à nous faire sauter s'il eût fallu nous rendre."