Napoléon fut toujours mauvais cavalier ; il montait à cheval sans grâce ; nombreuses et fréquentes furent ses chutes. 
Quelques jous avant le 18 brumaire, il se trouvait dans la propriété de son frère Joseph, à Mortefontaine. Voulant parler à Regnault de Saint-Jean d'Angèly des évènements qui se préparaient, il lui proposa de venir se promener avec lui à cheval.
Comme les deux cavaliers, galopaient à bride abattue à travers les rochers, le cheval de Bonaparte, se heurtant contre une pierre que le sable recouvrait, s'abattit, et voilà le général lancé avec violence à douze ou quinze pieds en avant de sa monture.
Regnault saute à bas de la sienne, court à lui, le trouve sans connaissance ; plus de pouls, plus de respiration, il le croit mort. Ce n'était qu'une fausse alerte ; au bout de quelques minutes, Bonaparte, sans fracture, sans contusion, sans blessure, reprend connaissance et remonte à cheval.
"Ah ! général, s'écrie son compagnon, quelle peur vous m'avez faite !"
Et Bonaparte de répondre en riant :
"Voici pourtant une petite pierre contre laquelle tous nos projets ont failli se briser."
Cette petite pierre pouvait en effet changer le sort du monde.
Aussi, plus tard, sous le Consulat et l'Empire, les soins les plus minutieux furent-ils apportés au dressage des chevaux de Napoléon, et il n'était pas, sur ce point, de précautions que l'on ne prit. Les chevaux destinés au service personnel de l'Empereur passaient par de rudes épreuves, avant d'arriver jusqu'à l'honneur de le porter ; on les accoutumait à recevoir des coups de fouets sur la tête et les oreilles, à entendre les roulements du tambour ou le bruit de la fusillade, à recevoir de lourds paquet dans les jambes, à voir passer sous leurs yeux le flamboiement des drapeaux, le tout sans broncher.