L'histoire ne nous a transmis que le nom d'un seul cheval d'Alexandre le Grand, celui de l'illustrre Bucéphale. 
Napoléon, qui est un moderne Alexandre, eut au moins vingt chevaux de bataille, et des particularités intéressantes se rattachent à quelques-uns d'entre eux.
Assez mauvais cavalier, souvent désarçonné, Napoléon avait besoin de chevaux admirablement dressés, que son grand écuyer,  nommé Jardin, préparait en leur battant le tambour, en leur tirant des pétards aux oreilles, en agitant des chapeaux devant leurs yeux.
Ces chevaux, que Napoléon choisissait de préférence parmi les Arabes, portaient souvent les noms des batailles auxquelles ils avaient pris part ; il y avait Marengo, Wagram, d'autres encore.
Alors qu'il était premier Consul, il franchit le Mont Saint-Bernard sur un cheval nommé la Styrie.
Le noble animal figure dans le tableau de David qui représente Bonaparte s'élevant au-dessus de ces rochers réputés inaccessibles.
Pendant la campagne d'Egypte, la mer Rouge, montant avec une rapidité effrayante, manqua un jour d'engloutir le cheval qui portait l'empereur. Le cheval, après avoir bravement lutté contre les vagues, se noya.
Un garde de l'escorte, sauve, en le chargeant sur ses épaules, le cavalier qui a raconté cet épisode dans le Mémorial de Sainte-Hélène :
"Profitant de la marée basse, écrit-il, j'étais allé fort avant sur le rivage de la mer Rouge, à pied sec ; au retour je fus pris par la nuit et m'égarai au milieu de la marée montante, je courus le plus grand danger ; je faillis périr de la même manière que Pharaon, ce qui n'eût pas manqué de fournir à tous les prédicateurs de la chrétienté un texte magnifique contre moi."
Le cheval noyé dans la mer Rouge fut remplacé par un cheval blanc nommé Ali, du nom d'Ali-Bey, son ancien maître. Un dragon du 18e régiment l'avait pris, il fut acquis par le général Menou, qui le céda au premier Consul. Ali, dont la robe blanche était magnifique, devint le cheval favori de l'Empereur ; sur le champ de bataille, où il parut souvent, il montrait le même froid courage que son maître, impassible sous les obus qui éclataient près de lui, devant les boulets qui roulaient à ses pieds.
Le jour du retour des cendres de Napoléon, le 15 décembre 1840, les curieux admiraient un prétendu cheval de bataille de l'Empereur, qui portait la selle et les harnais historiques.
L'imagination populaire n'en est pas à une légende près : depuis plusieurs années le dernier cheval de l'Empereur, celui de Waterloo, était mort dans les écuries d'un fidèle de l'Empire.
La seconde génération même avait disparu : Phénix, fils de Bacha, que Napoléon montait à la bataille d'Iéna, avait été tué dans la plaine Saint-Denis pendant la campagne de France.