<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Histoire et Esot&#xe9;risme</title><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/</link><description>De l&apos;histoire certe, mais on va essayer de sortir des sentiers &quot;rebattus&quot; et de l&apos;Esot&#xe9;risme.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 16 Nov 2009 04:43:25 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>L&apos;affaire Calas</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/11/13/15785974.html</link><category>Assassinat, d&#xe9;c&#xe8;s, disparition</category><category>affaire</category><category>Argental</category><category>Calas</category><category>Choiseul</category><category>protestant</category><category>Voltaire</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/11/13/15785974.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15785974/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/11/13/15785974.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un jour, le fils du protestant Calas, de Toulouse, fut trouv&#xe9; pendu. Aussit&#xf4;t la rumeur publique accusa le p&#xe8;re d&apos;avoir assassin&#xe9; son propre fils parce qu&apos;il voulait se faire catholique. Calas fut condamn&#xe9;, sans preuves, au supplice de la roue et ex&#xe9;cut&#xe9; (1762). Voltaire qui voyait l&#xe0; l&apos;odieux r&#xe9;sultat de l&apos;intol&#xe9;rance religieuse entreprit de faire &#xe9;clater l&apos;innocence de Calas et, apr&#xe8;s bien des d&#xe9;marches, il obtint sa r&#xe9;habilitation en 1768.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ferney, le 27 mars 1762.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/12/68/282054/46321851.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;marcantoinecalas&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/12/68/282054/46321851_p.jpg&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Monsieur le Comte d&apos;Argental(1)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous me demanderez peut-&#xea;tre pourquoi je m&apos;int&#xe9;resse si fort &#xe0; ce Calas qu&apos;on a rou&#xe9; ; c&apos;est que je suis homme, c&apos;est que je vois tous les &#xe9;trangers indign&#xe9;s, c&apos;est que tous vos officiers suisses(2) protestants disent qu&apos;ils ne combattront pas de grand coeur pour une nation qui fait rouer leurs fr&#xe8;res sans aucune preuve.&lt;br /&gt;Je me suis tromp&#xe9; sur le nombre des juges, dans ma lettre &#xe0; M. de La Marche(3). Ils &#xe9;taient treize, cinq ont constamment d&#xe9;clar&#xe9; Calas innocent. S&apos;il y avait eu une voix de plus en sa faveur, il &#xe9;tait absous. A quoi tient donc la vie des hommes ? A quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi ! parce qu&apos;il ne s&apos;est pas trouv&#xe9; un sixi&#xe8;me juge raisonnable, on aura fait rouer un p&#xe8;re de famille ! On l&apos;aura accus&#xe9; d&apos;avoir pendu son propre fils, tandis que ces quatre autres enfants crient qu&apos;il &#xe9;tait le meilleur des p&#xe8;res ! Le t&#xe9;moignage de la conscience de cet infortun&#xe9; ne pr&#xe9;vaut-il pas sur l&apos;illusion de huit juges, anim&#xe9;s par une confr&#xe9;rie de P&#xe9;nitents blancs qui a soulev&#xe9; les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la roue qu&apos;il &#xe9;tait innocent ; il pardonnait &#xe0; ses juges, il pleurait son fils auquel on pr&#xe9;tendait qu&apos;il avait donn&#xe9; la mort. Un dominicain, qui l&apos;assistait d&apos;office sur l&apos;&#xe9;chafaud, dit qu&apos;il voudrait mourir aussi saintement qu&apos;il est mort. Il ne m&apos;appartient pas de condamner le Parlement de Toulouse ; mais enfin il n&apos;y a eu aucun t&#xe9;moin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu&apos;&#xe0; des juges pr&#xe9;venus. Plusieurs d&apos;entre eux &#xe9;taient P&#xe9;nitents blancs ; ils peuvent s&apos;&#xea;tre tromp&#xe9;s. N&apos;est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins repr&#xe9;senter les motifs de l&apos;arr&#xea;t ? Cette seule d&#xe9;marche consolerait tous les protestants de l&apos;Europe, et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? Ne pourriez-vous pas engager M. le comte de Choiseul &#xe0; s&apos;informer de cette horrible aventure qui d&#xe9;shonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu&apos;il soit innocent ? Il y a certainement, d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; ou de l&apos;autre, un fanatisme horrible, et il est utile d&apos;approfondir la v&#xe9;rit&#xe9;...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;VOLTAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(1) Un grand ami de Voltaire&lt;br /&gt;(2) Au XVIIIe si&#xe8;cle de nombreux Suisses servaient encore dans l&apos;arm&#xe9;e royale&lt;br /&gt;(3) Ancien pr&#xe9;sident du parlement de Dijon&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 13 Nov 2009 15:22:00 GMT</pubDate></item><item><title>P&#xe2;quette-Marie</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/20/15503813.html</link><category>Femmes et Hommes de l&apos;Histoire</category><category>capitoul</category><category>Ivan d&apos;Urgel</category><category>Simon de Montfort</category><category>Toulouse</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/20/15503813.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15503813/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/20/15503813.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/41/18/282054/45372474.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;Num_riser0005&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/41/18/282054/45372474_p.jpg&quot; width=&quot;222&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;Ah ! qu&apos;elle &#xe9;tait dure pour les Toulousains, cette ann&#xe9;e 1218 ! Depuis neuf mois, ils &#xe9;taient assi&#xe9;g&#xe9;s par leur implacable ennemi, par ce comte Simon de Montfort qui, autrefois d&#xe9;j&#xe0;, leur avait fait tant de mal. A pr&#xe9;sent, il m&#xe9;ditait la ruine compl&#xe8;te de la ville ; il avait jur&#xe9; de s&apos;en rendre ma&#xee;tre, et de n&apos;y laisser ni une pierre debout, ni un citoyen vivant. En attendant cette destruction et ce massacre, il ravageait la banlieue, coupant les ponts, br&#xfb;lants les granges, saccageant for&#xea;ts et vignobles. Les habitants de la place, qui savaient n&apos;avoir aucune merci &#xe0; esp&#xe9;rer, se d&#xe9;fendaient avec une &#xe9;nergie furieuse, car ils aimaient mieux mourir sue le rempart, l&apos;&#xe9;p&#xe9;e au poing, que par la main du bourreau, la corde au cou. &lt;br /&gt;Les femmes m&#xea;me aidaient &#xe0; la r&#xe9;sistance. Elles tressaient du chanvre pour les machines, r&#xe9;paraient les br&#xe8;ches des murs, portaient de la terre et des pieux. On voyait de nobles dames monter aux cr&#xe9;neaux, une corbeille de ma&#xe7;on sur l&apos;&#xe9;paule. Personne ne restait oisif, personne... except&#xe9; P&#xe2;querette-Marie&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;P&#xe2;querette-Marie&lt;/font&gt;.&lt;br /&gt;La pauvre vieille ! Comment aurait-elle pu se joindre au peuple des travailleurs ? N&apos;avait-elle pas plus de soixante ans ? N&apos;&#xe9;tait-elle pas accabl&#xe9;e d&apos;infirmit&#xe9;s ? Paralys&#xe9;e du bras gauche et bo&#xee;teuse, elle se tra&#xee;nait lamentablement. On ne lui connaissait point d&apos;amis, point de parents, sauf un neveu qui la conduisait par les rues. Il s&apos;appelait Aymeri. C&apos;&#xe9;tait un gar&#xe7;onnet de treize ans, p&#xe2;le, maigre, d&#xe9;bile, &#xe0; la voix triste comme il convient &#xe0; un orphelin.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/83/12/282054/45372491.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;Num_riser0006&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/12/282054/45372491_p.jpg&quot; width=&quot;282&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;Cet enfant, &lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;P&#xe2;querette-Marie&lt;/font&gt; l&apos;adorait ; elle ne respirait que pour lui ; elle aurait, pour qu&apos;il f&#xfb;t heureux, souffert avec joie la torture... H&#xe9;las ! c&apos;est &#xe0; peine si elle pouvait lui donner du pain. Avant le si&#xe8;ge, elle vivait des produits hors les murs. Maintenant les soldats de Simon campaient sur ce domaine, et leur chevaux y avaient brout&#xe9; jusqu&apos;au plus humble brin d&apos;herbe. C&apos;est pourquoi Aymeri souffrait souvent de la faim ; c&apos;est pourquoi, dans son mis&#xe9;rable logis, la pauvre infirme ne cessait de pleurer, assise les coudes sur les genoux, ses longs doigts osseux en ses cheveux blancs.&lt;br /&gt;Un matin (on &#xe9;tait &#xe0; la fin de juin, le ciel &#xe9;tait &#xe9;clatant, limpide, d&apos;un bleu profond), P&#xe2;querette sortit de chez elle, la main droite appuy&#xe9;e sur l&apos;&#xe9;paule de son neveu.&lt;br /&gt;&amp;quot;O&#xf9; faut-il vous conduire, ma bonne tante ?&lt;br /&gt;- Au rempart pr&#xe8;s de Saint-Sernin&lt;font class=&quot;HA-spellcheck-suggestions&quot;&gt;Saint-Sernin&lt;/font&gt;.&lt;br /&gt;- H&#xe9; ! douce Vierge ! qu&apos;irions-nous chercher l&#xe0; ? Nous ne saurions, ni vous ni moi (cela fut dit d&apos;un ton douloureux, amer) servir &#xe0; quelque chose contre l&apos;ennemi.&lt;br /&gt;- Qu&apos;as-tu mang&#xe9; pendant la journ&#xe9;e d&apos;hier ?&lt;br /&gt;- Et vous ?&lt;br /&gt;- Oh ! moi !...s&apos;il me suffisait de je&#xfb;ner pour que rien de te manqu&#xe2;t !...&lt;br /&gt;- Ch&#xe8;re m&#xe8;re !&lt;br /&gt;- Voici : je ne veux plus, tu entends, je ne veux plus que tu souffres de la faim. Les magistrats de la ville, les consuls, les capitouls, vont, je le sais, se rendre aujourd&apos;hui sur les fortifications, afin d&apos;encourager le &lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/82/42/282054/45372531.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;Num_riser0007&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/82/42/282054/45372531_p.jpg&quot; width=&quot;236&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;peuple par leur pr&#xe9;sence. Je veux m&apos;approcher d&apos;eux, leur parler et implorer leur piti&#xe9;.&lt;br /&gt;- Ils ont vraiment bien le temps de s&apos;occuper d&apos;une femme d&#xe9;bile, d&apos;un enfant qui meurt !&lt;br /&gt;- On garde, &#xe0; la maison commune, du bl&#xe9; pour les gens mis&#xe9;rables : j&apos;en demanderai ma part.&amp;quot;&lt;br /&gt;En &#xe9;changeant ces sombres propos, les deux infortun&#xe9;s &#xe9;taient arriv&#xe9;s &#xe0; l&apos;enceinte de la cit&#xe9;. Autour de la basilique de Saint-Sernin, dont le soleil &#xe9;clairait magnifiquement la masse puissante, le long toit de tuiles et le svelte et rouge clocher, piqu&#xe9;, au fa&#xee;te, d&apos;une croix d&apos;or, grouillait une multitude de citoyens en armes qui s&apos;&#xe9;quipaient pour repousser un assaut imminent. On entendait partout cliqueter lances et glaives. Des chevaux piaffaient et s&apos;&#xe9;brouaient. Les ordres se croisaient. Des appels de trompettes d&#xe9;chiraient l&apos;air. Des bourgeoises et des femmes d&apos;artisans unissaient leurs forces pour rouler d&apos;&#xe9;pais moellons qu&apos;elles pla&#xe7;aient ensuite sur les balistes, dont les cordes et les ressorts &#xe9;taient tendus, pr&#xea;ts &#xe0; servir.&lt;br /&gt;Malgr&#xe9; cette agitation, cette fi&#xe8;vre, la pr&#xe9;sence de l&apos;infirme et de son guide ne passa pas inaper&#xe7;ue.&lt;br /&gt;&amp;quot;Tiens ! cria un mauvais plaisant, P&#xe2;querette-Marie qui vient combattre. Amenez-lui un cheval !&lt;br /&gt;- Elle aurait d&#xfb;, ajouta quelqu&apos;un, apporter un manche &#xe0; balai. Avec quoi frappera-t-elle ?&lt;br /&gt;- Tiens, prends &#xe7;a !&amp;quot; dit en riant un soldat de stature gigantesque, et il tendait &#xe0; la vieille femme une hache plus haute qu&apos;elle et d&apos;un poids &#xe9;norme. Alors Aymeri se f&#xe2;cha, et, indign&#xe9;, il s&apos;&#xe9;cria :&lt;br /&gt;&amp;quot;Au lieu de vous moquer de ceux qui souffrent, vous feriez mieux de songer &#xe0; vos &#xe2;mes, vous qui peut-&#xea;tre avant une heure...&lt;br /&gt;- Silence, enfant ! &amp;quot; commanda P&#xe2;querette. Puis, s&apos;adressant aux guerriers : &amp;quot;Pl&#xfb;t &#xe0; Dieu qu&apos;il me f&#xfb;t possible, comme &#xe0; vous, de me d&#xe9;vouer au salut commun ! Est-ce ma faute si mon bras est perclus, si... ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Tandis qu&apos;elle parlait ainsi, triste et g&#xe9;missante, les capitouls vinrent &#xe0; passer, entourant le Juge-Maire. C&apos;&#xe9;tait un homme aust&#xe8;re et rude, admirable pour sa bravoure, mais redoutable pour sa s&#xe9;v&#xe9;rit&#xe9;. La malheureuse se pla&#xe7;a devant lui, et lui exposa, en tremblant, sa requ&#xea;te.&lt;br /&gt;&amp;quot;Le grain que j&apos;ai en r&#xe9;serve, r&#xe9;pondit-il, je le destine &#xe0; ceux qui risquent leur vie, &#xe0; ceux qui travaillent. Rends des services, et l&apos;on te nourrira, toi et ce gar&#xe7;on qui t&apos;accompagne.&lt;br /&gt;- Ainsi vous nous condamnez &#xe0; p&#xe9;rir ?&lt;br /&gt;- Ne m&apos;accuse pas ; accuse Simon de Montfort. Lui seul nous ruine et nous affame. Certes, celui qui nous d&#xe9;livrera d&apos;un tel adversaire, je le proclamerai le bienfaiteur de Toulouse !&lt;br /&gt;- Monseigneur, cria un &#xe9;cuyer qui accourait, essouffl&#xe9; et rouge, voici l&apos;ennemi ! Il approche avec des &#xe9;chelles. Simon conduit la troupe en personne, et il n&apos;est gu&#xe8;re qu&apos;&#xe0; une port&#xe9;e d&apos;arc.&amp;quot;&lt;br /&gt;R&#xe9;solus et fr&#xe9;missants, les assi&#xe8;g&#xe9;s prirent chacun leur poste, et attendirent l&apos;assaut. Un silence r&#xe9;gna, lourd et terrible. On n&apos;entendait que le cri des hirondelles qui tournoyaient, paisibles, autour de la fl&#xe8;che de Saint-Sernin, et le bruit sourd des bataillons qui se h&#xe2;taient vers la place.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/77/85/282054/45372568.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;Num_riser0008&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/77/85/282054/45372568_p.jpg&quot; width=&quot;236&quot; height=&quot;300&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;Par les embrasures des cr&#xe9;neaux, les Toulousains contemplaient, avec une col&#xe8;re m&#xea;l&#xe9;e d&apos;inqui&#xe9;tude, Simon qui chevauchait, formidable. Sa t&#xea;te &#xe9;tait couverte d&apos;un casque &#xe0; panache, et il tenait sa banni&#xe8;re o&#xf9; &#xe9;tait brod&#xe9;, sur un fond rouge, un lion &#xe0; crini&#xe8;re noire, debout et gueule b&#xe9;ante.&lt;br /&gt;Bien que l&apos;on f&#xfb;t &#xe0; port&#xe9;e du trait, ni les pierres ni les fl&#xe8;ches ne volaient encore. On s&apos;observait.&lt;br /&gt;P&#xe2;querette-Marie &#xe9;tait debout &#xe0; l&apos;angle d&apos;u terre-plein, aupr&#xe9;s d&apos;un angin &#xe0; lancer les pierres qu&apos;on avait dissimul&#xe9; sous le feuillage d&apos;un sorbier. Elle regardait Simon qui caracolait, tranquille et superbe. Que se passa-t-il dans l&apos;&#xe2;me de la pauvre vieille femme ? A quelle inspiration c&#xe9;da-t-elle ? On ne saurait le dire. Ce qui est certain, c&apos;est que soudain, au milieu du grand silence des deux arm&#xe9;e, elle se mit &#xe0; crier d&apos;une voix terrible, en d&#xe9;signant l&apos;&#xe9;tendard ennemi :&lt;br /&gt;&amp;quot;Lion de Montfort, je te casserai les dents !&amp;quot;&lt;br /&gt;Puis, gauchement, f&#xe9;brilement, sans viser, en aveugle, elle mit en mouvement le ressort de la baliste contre laquelle elle s&apos;appuyait. Un lourd moellon traversa l&apos;air en ronflant, et s&apos;abattit, par un hasard stup&#xe9;fiant, sur Simon de Montfort. Son armure &#xe9;clata comme une coque de noix ; la housse de la selle se teignit de sang ; il oscilla deux ou trois fois sur lui-m&#xea;me, l&#xe2;cha les r&#xea;nes, tomba lourdement. Il &#xe9;tait mort. Poussant un affreux cri de douleur, les soldats de ce farouche capitaine se retir&#xe8;rent en d&#xe9;sordre, et ne tard&#xe8;rent pas &#xe0; lever le si&#xe8;ge.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, les citoyens de Toulouse se r&#xe9;pandaient dans les rues, chantant, s&apos;embrassant, pleurant de joie. Les cloches de toutes les &#xe9;glises sonnaient le carillon des grandes f&#xea;tes. On pavoisait les maisons de riches tapisseries ; on les garnissait de feuillage... Des jeunes gens avaient assis sur un chariot P&#xe2;querette-Marie ; ils la tra&#xee;naient en triomphe &#xe0; travers la ville, et le peuple lui jetait des fleurs, l&apos;acclamait, la b&#xe9;nissait. Les capitouls suivaient le cort&#xe8;ge, et ils annon&#xe7;aient &#xe0; qui voulait l&apos;entendre qu&apos;ils se chargeraient d&#xe9;sormais de faire vivre dans l&apos;abondance la lib&#xe9;ratrice de Toulouse et Aymeri, son neveu.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot;&gt;IVAN D&apos;URGEL - Septembre 1898&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 20 Oct 2009 16:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>On a besoin de votre aide</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353737.html</link><category>Faits divers</category><category>amour</category><category>cheval</category><category>corrida</category><category>protection</category><category>sauvetage</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353737.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15353737/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/08/15353737.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/90/09/163335/44886789.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;poney&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/90/09/163335/44886789_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;225&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#ff0066&quot;&gt;&lt;strong&gt;Urgent :&lt;/strong&gt; un cheval &#xe0; sauver, vous pouvez y contribuer en cliquant sur le lien ci-dessous, on ne vous demande qu&apos;un clic de souris, alors SVP un petit geste d&apos;amour. Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : n&apos;h&#xe9;sitez pas &#xe0; transmettre &#xe0; vos connaissances.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#009966&quot; size=&quot;3&quot;&gt;http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#6633ff&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Un clic de souris par jour pour sauver des animaux, d&#xe9;fendre des causes animales, comme la corrida par exemple. Alors mettez ce lien dans vos favoris.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 08 Oct 2009 12:22:22 GMT</pubDate></item><item><title>Henri II. Conqu&#xea;te des Trois-Ev&#xea;ch&#xe9;s</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/02/15281889.html</link><category>Roi, Reine, Empereur</category><category>Charles-Quint</category><category>Henri II</category><category>Trois-Ev&#xea;ch&#xe9;s</category><category>Vaucelles</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/02/15281889.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15281889/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/10/02/15281889.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#336666&quot;&gt;Henri II, h&#xe9;ritier du caract&#xe8;re et des d&#xe9;fauts de son p&#xe8;re, n&apos;avait ni son intelligence, ni son &#xe9;nergie. Il se laissa dominer par son entourage, surtout par Montmorency et les Guises. Ces derniers, que leurs ennemis affectaient d&apos;appeler les princes lorrains, descendaient de Ren&#xe9; II duc de Lorraine, le vainqueur de Charles le T&#xe9;m&#xe9;raire, &#xe0; Nancy. Fran&#xe7;ois de Guise et son fr&#xe8;re, le cardinal de Lorraine, acquirent bient&#xf4;t &#xe0; la cour, par leurs talents et leur &#xe9;nergie, une influence pr&#xe9;pond&#xe9;rante. Leur ni&#xe8;ce, Marie Stuart, reine d&apos;Ecosse, fut mari&#xe9; au Dauphin, plus tard Fran&#xe7;ois II.&lt;br /&gt;La lutte ne tarda pas &#xe0; reprendre contre Charles-Quint. L&apos;Italie cessa d&apos;&#xea;tre le principal th&#xe9;&#xe2;tre des hostilit&#xe9;s, et Henri II inaugura la sage politique de reculer vers le Rhin les fronti&#xe8;res de son royaume. En 1552, il s&apos;empara des villes imp&#xe9;riales Metz, Toul et Verdun, qu&apos;on appela les Trois-Ev&#xe9;ch&#xea;s. Cette conqu&#xea;te offrait beaucoup plus d&apos;avantages &#xe0; la France que celle du Milanais ou du royaume de Naples. Fran&#xe7;ois de Guise en fut nomm&#xe9; gouverneur.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/32/08/282054/44637510.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#336666&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; alt=&quot;Num_riser0001&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/32/08/282054/44637510_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;271&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#336666&quot;&gt;Si&#xe8;ge de Metz : Charles Quint, effray&#xe9; par les progr&#xe8;s rapides de Henri II, se h&#xe2;ta de signer la paix avec les protestants d&apos;Allemagne. Puis, &#xe0; la t&#xea;te d&apos;une arm&#xe9;e formidable cent mille hommes, il vint assi&#xe9;ger Metz.&lt;br /&gt;Les murailles de la ville n&apos;&#xe9;taient pas en &#xe9;tat de r&#xe9;sister. Fran&#xe7;ois de Guise accourut et fit &#xe9;lever des remparts. La garnison, d&apos;abord tr&#xe8;s faible, se grossit rapidement de volontaires. Charles-Quint fit attaquer la place avec vigueur. On dit qu&apos;en un jour son arm&#xe9;e tira quatorze mille coups de canon. Mais le duc de Guise veillait &#xe0; tout avec une &#xe9;tonnante activit&#xe9;. Quand les ennemis renversaient une muraille, ils &#xe9;taient surpris d&apos;en voir une nouvelle, derri&#xe8;re la br&#xe8;che qu&apos;ils venaient d&apos;ouvrir. Apr&#xe8;s soixante-cinq jours de si&#xe8;ge, Charles-Quint avait perdu quarante mille hommes ; il se retira, abandonnant ses malades et ses bless&#xe9;s (1553). Le duc de Guise les fit soigner comme s&apos;ils eussent &#xe9;t&#xe9; des Fran&#xe7;ais. Cet acte d&apos;humanit&#xe9; fut appel&#xe9; la courtoisie de Metz.&lt;br /&gt;En 1554, Henri II remporta la victoire de Renty, pr&#xe8;s de Saint-Omer. Puis une tr&#xea;ve fut conclue en 1556, &#xe0; l&apos;abbaye de Vaucelles, non loin de Cambrai. La France conservait les Trois-Ev&#xe9;ch&#xea;s.&lt;br /&gt;D&#xe9;sabus&#xe9; des grandeurs, fatigu&#xe9; de guerres sans cesse renaissantes, m&#xe9;content surtout des revers de sa derni&#xe8;re lutte contre la France, Charles-Quint disait tristement : La fortune n&apos;aime pas les vieillards.&lt;br /&gt;Apr&#xe8;s la tr&#xea;ve de Vaucelles, il se d&#xe9;cida &#xe0; abdiquer toutes ses couronnes. Il laissa &#xe0; son fr&#xe8;re Ferdinand, l&apos;Autriche et l&apos;empire d&apos;Allemagne ; son fils Philippe II, &#xe9;poux de la reine d&apos;Angleterre Marie Tudor, re&#xe7;ut l&apos;Espagne, l&apos;Italie, les Pays-Bas, la Franche-Comt&#xe9; et les riches colonies d&apos;Am&#xe9;rique (1556). Le viel empereur se retira au couvent Saint-Just, dans l&apos;Estramadure(1) ; il y mourut deux ans apr&#xe8;s.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#336666&quot;&gt;(1) - Estradamure : province au sud-ouest de l&apos;Espagne.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 02 Oct 2009 08:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>Eschyle et la tortue et Les raisins de la col&#xe8;re</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/30/14893259.html</link><category>Les proph&#xe9;ties</category><category>Calchas</category><category>devin</category><category>Eschyle</category><category>tortue</category><category>trag&#xe9;die</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/30/14893259.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14893259/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/30/14893259.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#6699ff&quot;&gt;En 456 avant J.-C., Eschyle, le p&#xe8;re de la trag&#xe9;die grecque, est &#xe2;g&#xe9; de 69 ans. Il vit &#xe0; Gela, en Sicile. Un jour,&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/72/50/282054/43350561.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;77&quot; height=&quot;129&quot; alt=&quot;Eschyle&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/72/50/282054/43350561_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt; se promenant dans les environs, il voit un aigle planer au-dessus de sa t&#xea;te, &#xe0; la recherche d&apos;un rocher pour briser la carapace de la tortue qu&apos;il tient entre ses serres. Mais prenant apparemment la t&#xea;te chauve d&apos;Eschyle pour une pierre, il l&#xe2;che la tortue dessus. Le po&#xe8;te est tu&#xe9; instantan&#xe9;ment. Ses amis se souviennent alors qu&apos;un oracle avait pr&#xe9;dit qu&apos;Eschyle serait tu&#xe9; d&apos;un coup venant du ciel.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#660099&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/71/67/282054/43350580.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;128&quot; height=&quot;130&quot; alt=&quot;Calchas&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/71/67/282054/43350580_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Les raisins de la col&#xe8;re&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Calchas fut, dit-on, l&apos;un des plus grands devins de la Gr&#xe8;ce antique. Les r&#xe9;cits sur sa mort racontent qu&apos;un autre devin, le voyant en train de planter des vignes, lui pr&#xe9;dit qu&apos;il ne boirait jamais son vin. Une fois les vignes m&#xfb;res, Calchas fabrique son vin. Puis il invite son rival &#xe0; une f&#xea;te pour d&#xe9;mentir la pr&#xe9;diction, que son h&#xf4;te r&#xe9;p&#xe8;te pourtant encore au moment o&#xf9; Calchas porte la coupe &#xe0; ses l&#xe8;vres. Trouvant la plaisanterie tr&#xe8;s dr&#xf4;le, Calchas est saisi d&apos;un fou rire, et meurt d&apos;&#xe9;touffement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 30 Aug 2009 09:46:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le droit du Chevalier</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/18/14757042.html</link><category>H&#xe9;ros, Chevaliers</category><category>chevalier</category><category>corde</category><category>cusissage</category><category>moine</category><category>soie</category><category>vierge</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/18/14757042.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14757042/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/18/14757042.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#333300&quot;&gt;&#xca;tre de naissance aristocratique peut comporter de bien curieux privil&#xe8;ges. Si un lord anglais est condamn&#xe9; &#xe0; mort, il a le droit d&apos;&#xea;tre pendu avec une corde de soie. &lt;br /&gt;Jadis, les nobles fran&#xe7;ais ne payaient pas l&apos;imp&#xf4;t, malgr&#xe9; leur grande fortune. Et dans toute l&apos;Europe m&#xe9;di&#xe9;vale, les seigneurs jouissaient du jus primae noctis, ou &amp;quot;droit de cuissage&amp;quot;, droit de passer la nuit de noces avec la mari&#xe9;e.&lt;br /&gt;Vers 875 apr&#xe8;s J.-C., le roi Ewan III d&apos;Ecosse d&#xe9;cr&#xe8;te que &amp;quot;les seigneurs du lieu auront la virginit&#xe9; de toutes les vierges y habitant&amp;quot;. Et la loi reste en vigueur jusqu&apos;&#xe0; son abolition par le roi Malcolm III au XIe si&#xe8;cle.&lt;br /&gt;En Espagne, cette pratique n&apos;est abolie qu&apos;en 1486. Ailleurs, elle fleurit. M&#xea;me les moines qui poss&#xe8;dent des domaines aussi vastes et puissants que ceux des nobles ont, dit-on, l&apos;impunit&#xe9; pour ce droit singulier.&lt;br /&gt;Dans le Sud-Tyrol et en Suisse, la coutume est officiellement ill&#xe9;gale, et certains nobles sont exil&#xe9;s pour avoir tent&#xe9; de la maintenir.&lt;br /&gt;Le &amp;quot;droit de la premi&#xe8;re nuit&amp;quot; est tomb&#xe9; en d&#xe9;su&#xe9;tude dans la plus part des pays d&#xe8;s l&apos;affranchissement des serfs. Mais un vague &#xe9;cho de l&apos;ancien ordre f&#xe9;odal demeura : par tradition, le seigneur du manoir enjambait la mari&#xe9;e &#xe9;tendue sur son lit de noces pour attendre son mari.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 18 Aug 2009 07:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Perdu au change !</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/16/14742673.html</link><category>Echos et Vari&#xe9;t&#xe9;s de Mon Journal</category><category>disgr&#xe2;ce</category><category>Louis XI</category><category>marchand</category><category>noblesse</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/16/14742673.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14742673/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/16/14742673.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc0066&quot;&gt;Le roi Louis XI accueillait tr&#xe8;s favorablement les personnes, de quelque rang qu&apos;elles fussent, qui &#xe9;taient en mesure de lui fournir d&apos;utiles renseignements sur le commerce, l&apos;industrie ou les finances de la France. Il recevait &#xe0; sa table les &#xe9;trangers, ainsi que les n&#xe9;gociants et bourgeois de son royaume, pour peu qu&apos;ils eussent &#xe0; lui raconter quelques d&#xe9;tails pratiques int&#xe9;ressants, et la libert&#xe9; du repas et les bons vins lui servaient &#xe0; d&#xe9;lier la langue de ses convives et &#xe0; gagner leur confiance.&lt;br /&gt;S&#xe9;duit par le gracieux accueil et les bienveillantes paroles de son souverain, un marchand, nomme Ma&#xee;tre-Jean, s&apos;avisa de lui demander des lettres de noblesse.&lt;br /&gt;Louis XI les lui accorda.&lt;br /&gt;Quelque temps apr&#xe8;s, le nouveau noble s&apos;&#xe9;tant pr&#xe9;sent&#xe9; &#xe0; la cour, le roi, loin de lui t&#xe9;moigner les m&#xea;mes faveurs et la m&#xea;me familiarit&#xe9; qu&apos;autrefois, affecta de ne pas le regarder.&lt;br /&gt;&amp;quot;Qu&apos;ai-je donc pu faire ? se dit Ma&#xee;tre-Jean tout constern&#xe9;. En quoi ai-je pu d&#xe9;m&#xe9;riter ?&amp;quot;&lt;br /&gt;Il r&#xe9;solut de s&apos;en ouvrir au roi et de le prier de lui apprendre le motif de sa disgr&#xe2;ce.&lt;br /&gt;&amp;quot;Comment ! Monsieur le gentilhomme, vous ne devinez pas ? Vous ne comprenez pas ?&lt;br /&gt;- Non, Sire : j&apos;ai beau chercher...&lt;br /&gt;- Quand je vous faisais asseoir &#xe0; ma table, je vous consid&#xe9;rais comme le premier de votre condition, le premier de mes bourgeois. Aujourd&apos;hui que vous &#xea;tes le dernier des nobles, je vous traite en cons&#xe9;quence. Je croirais faire injure aux seigneurs de ma cour, en vous recevant mieux que je ne re&#xe7;ois le moindre d&apos;entre eux. Je crains bien que vous n&apos;ayez perdu au change, Monsieur de Ma&#xee;tre-Jean !&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 16 Aug 2009 12:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Bravoure</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/14/14742518.html</link><category>Echos et Vari&#xe9;t&#xe9;s de Mon Journal</category><category>bravoure</category><category>La Rochelle</category><category>pr&#xe9;cieuse</category><category>Richelieu</category><category>&#xe9;charpe</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/14/14742518.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14742518/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/14/14742518.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#669999&quot;&gt;En 1627, au si&#xe8;ge de la Rochelle, pendant que les Rochelois, bravant impudemment Louis XIII et Richelieu, s&apos;unissaient aux Anglais, des faits d&apos;une audace &#xe9;tonnante s&apos;accomplirent du c&#xf4;t&#xe9; des assi&#xe9;g&#xe9;s et des assi&#xe9;geants.&lt;br /&gt;On cite entre autres celui-ci.&lt;br /&gt;Un jeune officier des troupes royales laissa emporter par le vent jusqu&apos;aupr&#xe8;s du camp ennemi, une &#xe9;charpe de soie qu&apos;il tenait &#xe0; la main.&lt;br /&gt;Une fusillade presque incessante &#xe9;clatait des deux c&#xf4;t&#xe9;s, et tout le long des remparts.&lt;br /&gt;Cet officier, jeune homme d&#xe9;nu&#xe9; de protections qui eussent pu le faire monter en grade, demanda &#xe0; ses sup&#xe9;rieurs l&apos;autorisation d&apos;aller chercher l&apos;&#xe9;charpe &#xe0; laquelle il tenait d&apos;une fa&#xe7;on particuli&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/64/86/282054/42804101.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#669999&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;209&quot; alt=&quot;La_Rochelle_1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/64/86/282054/42804101_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font color=&quot;#669999&quot;&gt;&amp;quot;Vous n&apos;y pensez pas ! lui r&#xe9;pondit son chef presque irrit&#xe9; de recevoir une demande aussi absurde ; aller ramasser cette bagatelle sous ce feu roulant, c&apos;est exposer cent fois votre vie.&lt;br /&gt;- Je le sais bien, insista le jeune homme, mais cette bagatelle m&apos;est pr&#xe9;cieuse : elle me vient de ma m&#xe8;re, et ne m&apos;avait jamais quitt&#xe9;.&lt;br /&gt;- Allez donc, Monsieur, je suis curieux de voir si vous persisterez jusqu&apos;au bout dans votre folie.&lt;br /&gt;- Je persisterai, Monsieur.&lt;br /&gt;- Adieu donc, jeune homme t&#xe9;m&#xe9;raire !&lt;br /&gt;- Au revoir, Monsieur.&amp;quot;&lt;br /&gt;Et il descendit tranquillement au bas des remparts pour aller ramasser son &#xe9;charpe qu&apos;il releva en effet &#xe0; une petite distance de l&apos;ennemi, et au milieu des balles de mousquets qui lui sifflaient aux oreilles.&lt;br /&gt;L&apos;un de ces projectiles l&apos;atteignit m&#xea;me au bras, mais n&apos;y fit qu&apos;une &#xe9;raflure l&#xe9;g&#xe8;re.&lt;br /&gt;Et le courageux officier revint saluer son chef au milieu de l&apos;&#xe9;tonnement g&#xe9;n&#xe9;ral.&lt;br /&gt;Instruit de ce trait de vaillance, le cardinal Richelieu se fit pr&#xe9;senter le jeune homme auquel il confia un poste important et fort envi&#xe9;.&lt;br /&gt;&amp;quot;J&apos;avais bien raison de dire que cette &#xe9;charpe m&apos;est pr&#xe9;cieuse ! dit l&apos;officier &#xe0; ses camarades quelques heures plus tard. N&apos;est-elle pas un talisman pour moi ? Un porte-bonheur ? Et ne lui dois-je pas ma fortune actuelle ?&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 14 Aug 2009 14:15:54 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;assassinat de Louis d&apos;Orl&#xe9;ans</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/12/14722920.html</link><category>Assassinat, d&#xe9;c&#xe8;s, disparition</category><category>assassinat</category><category>bourgogne</category><category>Jean sans Peur</category><category>Louis Saurel</category><category>Orl&#xe9;ans</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/12/14722920.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14722920/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/12/14722920.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/10/63/282054/42737545.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;156&quot; alt=&quot;Num_riser0014&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/10/63/282054/42737545_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Au mois de novembre 1407, nombre de bourgeois de Paris &#xe9;taient inquiets. Une ardente rivalit&#xe9; opposait en effet, dans la capitale, les deux plus grands princes du royaume : le jeune, beau, s&#xe9;duisant et fastueux Louis de France, fr&#xe8;re du roi et duc d&apos;Orl&#xe9;ans, et le petit, lourd, laid, jaloux et sans scrupules Jean sans Peur, duc de Bourgogne.&lt;br /&gt;Depuis plusieurs ann&#xe9;es, c&apos;&#xe9;tait, en fait, Louis d&apos;Orl&#xe9;ans qui gouvernait la France au nom de son malheureux fr&#xe8;re, Charles VI, devenu fou. La reine Isabeau de Bavi&#xe8;re, petite brune aux grands yeux pleins de langueur, laissait tout r&#xe9;gir par son beau-fr&#xe8;re.&lt;br /&gt;Furieux d&apos;&#xea;tre tenu &#xe9;loign&#xe9; du pouvoir, Jean sans Peur, au masque de brute et &#xe0; l&apos;&#xe9;pais menton noy&#xe9; dans la graisse, agitait le peuple, recrutait des partisans et semblait pr&#xe9;parer une guerre civile. De son c&#xf4;t&#xe9;, son rival en faisait autant et fortifiait son h&#xf4;tel.&lt;br /&gt;- Dieu nous garde ! disaient les bourgeois timor&#xe9;s. D&apos;ici peur, il y aura quelque nuit sanglante &#xe0; Paris, les amis de Jean sans Peur ou de Louis d&apos;Orl&#xe9;ans &#xe9;gorgeront leurs ennemis.&lt;br /&gt;- Pourvu qu&apos;ils bornent l&#xe0; ce massacre ! murmuraient&amp;nbsp; en eux-m&#xea;mes les gens les plus craintifs, car la rivalit&#xe9; des deux princes paraissait ne pouvoir se terminer que par un drame.&lt;br /&gt;Or, le 20 novembre, Paris apprit une surprenante nouvelle : le vieux duc de Berry s&apos;&#xe9;tait rendu aupr&#xe8;s de Jean sans Peur et avait r&#xe9;ussi &#xe0; l&apos;amener aupr&#xe8;s du duc d&apos;Orl&#xe9;ans, alit&#xe9; depuis quelques jours.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/71/42/282054/42737562.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;260&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0015&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/71/42/282054/42737562_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Qu&apos;est-il r&#xe9;sult&#xe9; de cette rencontre ? jeta-t-on avec impatience au premier homme qui en parla.&lt;br /&gt;- Les deux princes se sont embrass&#xe9;s, puis ont communi&#xe9; et mang&#xe9; ensemble.&lt;br /&gt;- En ce cas, la paix est faite ! conclurent les neutres avec joie.&lt;br /&gt;- Quel malheur ! s&apos;exclam&#xe8;rent bien des gens du peuple en col&#xe8;re. Notre bon Jean sans Peur a &#xe9;t&#xe9; englu&#xe9; par Louis d&apos;Orl&#xe9;ans !&lt;br /&gt;Le duc de Bourgogne, &#xe9;tait, en effet, l&apos;idole des Parisiens, qu&apos;il ne cessait de flatter, tandis que, par son orgueil et sa vanit&#xe9;, son rival s&apos;&#xe9;tait ali&#xe9;n&#xe9; bien des sympathies.&lt;br /&gt;Pour aller au palais du roi, Louis d&apos;Orl&#xe9;ans empruntait toujours la rue Vieille-du-Temple.&lt;br /&gt;Or, depuis plusieurs moi, Jean sans Peur cherchait obstin&#xe9;ment &#xe0; louer une maison bordant ce passage. Trois jours avant sa r&#xe9;conciliatiion un peu th&#xe9;&#xe2;trale avec le duc d&apos;Orl&#xe9;ans, il y avait enfin r&#xe9;ussi : un clerc de l&apos;Universit&#xe9;, qui lui &#xe9;tait tr&#xe8;s d&#xe9;vou&#xe9;, avait lou&#xe9;, en son propre nom, la maison de l&apos;Image Notre-Dame, situ&#xe9;e juste en face de l&apos;h&#xf4;tel de Rieux. Ainsi le propri&#xe9;taire de cet immeuble ignorait &#xe0; quel v&#xe9;ritable locataire il avait affaire. Lorsqu&apos;il avait demand&#xe9; au clerc ce qu&apos;il voulait faire de toute une maison, celui-ci, d&apos;un air tranquille, avait r&#xe9;pondu :&lt;br /&gt;- C&apos;est pour mettre du bl&#xe9; et du vin, que les &#xe9;coliers et les clercs re&#xe7;oivent de chez eux et qu&apos;ils ont, comme vous le savez, le privil&#xe8;ge de vendre sans payer de taxes.&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/38/70/282054/42737599.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;234&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0017&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/70/282054/42737599_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;- Ah ! bien, avait r&#xe9;pliqu&#xe9; le propri&#xe9;taire, d&apos;un ton indiff&#xe9;rent.&lt;br /&gt;Or, ce n&apos;&#xe9;taient pas des tonneaux de vin, ni des sacs de bl&#xe9;, que Jean sans Peur avait fait entrer dans sa nouvelle maison, mais, de nuit, dix-sept spadassins, qui y demeuraient cach&#xe9;s. A leur t&#xea;te, le duc de Bourgogne avait plac&#xe9; Raoul d&apos;Auquetonville, ex-fonctionnaire des finances, que Louis d&apos;Orl&#xe9;ans avait chass&#xe9; pour malversation. Ce Normand en voulait &#xe0; mort &#xe0; son ancien ma&#xee;tre et avait jur&#xe9; de le tuer.&lt;br /&gt;Le mercredi 23 novembre, selon son habitude, Louis d&apos;Orl&#xe9;ans se rendit chez Isabeau de Bavi&#xe8;re. Il venait de souper chez elle, quand l&apos;un des valets de chambre du roi se pr&#xe9;senta et demanda &#xe0; le voir.&lt;br /&gt;- Sa Majest&#xe9; voudrait vous parler, dit ce serviteur, d&#xe8;s qu&apos;il fut en pr&#xe9;sence du prince.&lt;br /&gt;- C&apos;est bien, r&#xe9;pliqua Louis d&apos;Orl&#xe9;ans sans m&#xe9;fiance, dites au roi que je viens tout de suite.&lt;br /&gt;Et il prit cong&#xe9; de la reine. Il ignorait , en effet, que Charles VI ne lui avait fait donn&#xe9; aucun ordre : c&apos;&#xe9;tait Jean sans Peur qui avait achet&#xe9; le valet pour attirer son rival dans un guet-apens.&lt;br /&gt;- Partons-nous avec vous, Monseigneur ? demand&#xe8;rent &#xe0; Louis d&apos;Orl&#xe9;ans les chevaliers composant sa suite.&lt;br /&gt;- Non, ce n&apos;est pas n&#xe9;cessaire, fit le fr&#xe8;re du roi d&apos;un ton exempt de toute inqui&#xe9;tude. Il n&apos;est que huit heures du soir. Les rues sont calmes en ce moment. Et puis, sans doute, je reviendrais bient&#xf4;t ici.&lt;br /&gt;Pour toute suite, Louis d&apos;Orl&#xe9;ans n&apos;emmena donc que deux &#xe9;cuyers, mont&#xe9;s sur le m&#xea;me cheval, un page et quelques valets portant des torches.&lt;br /&gt;Ne redoutant nul attentat, le jeune prince laissa son escorte le d&#xe9;passer. Fort gai, il s&apos;engagea dans la rue Vieille-du-Temple, en chantonnant et en jouant d&apos;une main avec son gant, tandis que de l&apos;autre il tenait les r&#xea;nes de sa monture. A l&apos;une des fen&#xea;tres de l&apos;h&#xf4;tel de Rieux, une jeune femme, nomm&#xe9;e Jacquette, qui couchait son b&#xe9;b&#xe9;, regarda arriver le prince.&lt;br /&gt;Soudain, plusieurs hommes masqu&#xe9;s, demeur&#xe9;s dans l&apos;ombre de la maison lou&#xe9;e par Jean sans Peur, se pr&#xe9;cipit&#xe8;rent vers Louis d&apos;Orl&#xe9;ans, immobilis&#xe8;rent sa mule, puis frapp&#xe8;rent le prnce &#xe0; coups d&apos;&#xe9;p&#xe9;e et de hache. Or, le malheureux, v&#xea;tu d&apos;une simple rove de damas noire et coiff&#xe9; d&apos;un chaperon, ne portait ni cotte de mailles, ni la moindre arme offensive.&lt;br /&gt;- A mort ! A mort ! cri&#xe8;rent les assassins, s&apos;excitant les uns les autres.&lt;br /&gt;Stup&#xe9;fait et ne comprenant pas qui l&apos;attaquait, le fr&#xe8;re du roi s&apos;exclama :&lt;br /&gt;- Je suis le duc d&apos;Orl&#xe9;ans !&lt;br /&gt;- C&apos;est toi que nous cherchons ! r&#xe9;pliqu&#xe8;rent d&apos;un ton haineux les meurtriers, dont le nombre croissait d&apos;instant en instant, d&apos;autres hommes masqu&#xe9;s sortant &#xe0; la h&#xe2;te de la maison de l&apos;Image Notre-Dame.&lt;br /&gt;D&apos;un coup de hache, un des &amp;quot;Bourguignons&amp;quot; trancha le poing du duc d&apos;Orl&#xe9;ans. Un autre arracha le prince de sa mule et le jeta &#xe0; terre.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/56/54/282054/42737615.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;243&quot; height=&quot;300&quot; alt=&quot;Num_riser0021&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/56/54/282054/42737615_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Au meurtre ! au secours ! s&apos;&#xe9;cria Jacquette, la jeune m&#xe8;re habitant l&apos;h&#xf4;tel de Rieux, t&#xe9;moin de cet assassinat.&lt;br /&gt;- Taisez-vous, mauvaise femme ! jeta aussit&#xf4;t l&apos;un des meurtriers, d&apos;un ton mena&#xe7;ant.&lt;br /&gt;L&apos;&#xe9;gorgement de Louis d&apos;Orl&#xe9;ans se poursuivit. De son bras mutil&#xe9;, le prince tenta de parer quelques coups. Son jeune page se jeta devant lui dans l&apos;espoir de le prot&#xe9;ger. Il fut aussit&#xf4;t abattu. Finalement, d&apos;un coup de hache, l&apos;un des hommes d&apos;armes de Jean sans Peur ouvrit le cr&#xe2;ne du fr&#xe8;re du roi, dont la &amp;quot;cervelle choit dessus la chauss&#xe9;e&amp;quot;.&lt;br /&gt;A ce moment, sortit de la maison de l&apos;Image Notre-Dame un homme de haute taille, envelpp&#xe9; dans un long manteau et coiff&#xe9; d&apos;un chaperon rouge qui lui descendait jusqu&apos;aux yeux. A la lueur des torches, il jeta un coup d&apos;oeil sur l&apos;assassin&#xe9;, puis ordonna :&lt;br /&gt;- Eteignez tou ! Allons-nous en. Il est bien mort.&lt;br /&gt;Alors se soulevant dans un dernier effort, le page g&#xe9;mit :&lt;br /&gt;- Ah ! Monseigneur mon ma&#xee;tre.&lt;br /&gt;Puis il expira.&lt;br /&gt;Tranquillement, les assassins s&apos;en all&#xe8;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le lendemain, Jean sans Peur osa jeter de l&apos;eau b&#xe9;nite sur qu&apos;il avait fait &#xe9;gorger, puis, avec une fausse indignation, il d&#xe9;clara :&lt;br /&gt;- Jamais plus tra&#xee;tre meurtre n&apos;a &#xe9;t&#xe9; commis.&lt;br /&gt;Peu de jours plus tard, il fut plus franc. S&apos;adressant &#xe0; son vieil oncle de Berry, il lui avoua d&apos;un air farouche :&lt;br /&gt;- C&apos;est moi qui ai fait le coup ! Le diable m&apos;a tent&#xe9;.&lt;br /&gt;Ce meurtre d&#xe9;cha&#xee;na l&apos;horrible guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, qui allait d&#xe9;soler la France durant vingt-huit ans. Quant &#xe0; Jean sans Peur, sa f&#xe9;lonie se retourna contre lui ; douze ans plus tard, il fut &#xe0; son tour, assassin&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LOUIS SAUREL&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 12 Aug 2009 13:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;estomac et les membres</title><dc:creator>choupanenette</dc:creator><link>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697903.html</link><category>Femmes et Hommes de l&apos;Histoire</category><category>Adolphe Aderer</category><category>apologue</category><category>Caligula</category><category>M&#xe9;n&#xe9;nius Agrippa</category><comments>http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697903.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://histoiresansgeo.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14697903/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://histoiresansgeo.canalblog.com/archives/2009/08/09/14697903.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc0000&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/47/73/282054/42645440.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;286&quot; height=&quot;450&quot; alt=&quot;caligula&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/47/73/282054/42645440_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 5px 5px 0px; FLOAT: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L&apos;empereur romain Caligula, apr&#xe8;s quelques ann&#xe9;es d&apos;un r&#xe9;gime tranquille et heureux, commen&#xe7;a &#xe0; donner des signes certains de folie. Il imagina les id&#xe9;es les plus bizarres ; et souvent l&apos;ex&#xe9;cution suivait de pr&#xe8;s. C&apos;est ainsi qu&apos;entre autres marques d&apos;&#xe9;garement, il osa cr&#xe9;er consul son cheval favori. La d&#xe9;raison chez un ma&#xee;tre supr&#xea;me ne tarda pas &#xe0; d&#xe9;g&#xe9;n&#xe9;rer en fureur et en cruaut&#xe9; : l&apos;Empire tout entier trembla bient&#xf4;t devant les folies sanguinaires qu&apos;inventait sans celle le tyran.&lt;br /&gt;Les flatteurs qui l&apos;entouraient, de peur d&apos;encourir sa disgr&#xe2;ce, applaudissaient &#xe0; ses crimes. Tous les jours, ils se r&#xe9;unissaient avec le prince et rivalisaient avec lui de cruaut&#xe9;. La joie et les rires accueillaient toute invention nouvelle, d&apos;autant plus qu&apos;elle &#xe9;tait plus barbare ; mais jamais la vile bassesse des courtisans ne trouva meilleure occasion de s&apos;&#xe9;taler au grand jour, qu&apos;un matin Caligula s&apos;&#xe9;cria d&apos;un ton s&#xe9;rieux : &amp;quot;Je voudrais que l&apos;Empire romain n&apos;e&#xfb;t qu&apos;une t&#xea;te pour la trancher d&apos;un seul coup.&amp;quot;&lt;br /&gt;Lorsque l&apos;empereur eut prononc&#xe9; ces paroles monstrueuses, l&apos;admiration des favoris ne connut pas de bornes : ils tr&#xe9;pignaient sur leurs lits incrust&#xe9;s d&apos;ivoire, ils battaient des mains, ils criaient &#xe0; gorge d&#xe9;ploy&#xe9;e, ne comprenant pas, les insens&#xe9;s, que s&apos;il prenait un jour fantaisie &#xe0; leur ma&#xee;tre de r&#xe9;aliser se projet inou&#xef;, leurs t&#xea;tes seraient certainement les premi&#xe8;res qu&apos;il ferait tomber.&lt;br /&gt;Seul, au milieu de l&apos;enthousiasme g&#xe9;n&#xe9;ral, un vieux philosophe, qui avait &#xe9;lev&#xe9; Caligula, et pour qui le prince gardait encore quelque respect, demeurait impassible : son front d&#xe9;garni, son regard s&#xe9;v&#xe8;re, son habillement simple, son maintien calme, donnait au vieillard un air de dignit&#xe9; qui contrastait avec les attitudes eff&#xe9;min&#xe9;es des courtisans, et tout d&apos;abord commandait l&apos;estime. Son silence &#xe9;tonna le tyran, qui lui en fit la remarque.&lt;br /&gt;Le philosophe r&#xe9;pondit au prince en souriant que, comme tout son entourage, il trouvait l&apos;id&#xe9;e plaisante et originale ; mais que, pour un plaisir &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re, on en retirerait dans la suite mille dommages. Comme les courtisans se moquaient de ce propos et confessaient de ne pas voir d&apos;o&#xf9; le mal pouvait venir, le vieillard jeta sur eux un regard de d&#xe9;dain et s&apos;adressant au prince :&lt;br /&gt;&amp;quot;Caligula, dit-il, te rappelles-tu l&apos;apologue &#xe0; l&apos;aide duquel M&#xe9;n&#xe9;nius Agrippas dissipa, il y a plus de six cents ans, une s&#xe9;dition du peuple contre les patriciens ? Il leur conta comment les membres se fatigu&#xe8;rent un jour de servir l&apos;estomac, qu&apos;ils traitaient d&apos;oisif et de paresseux, tandis que leur incombait toute la peine. Croyant lui nuire, ils cess&#xe8;rent toute action et se livr&#xe8;rent au repos absolu ; mais bient&#xf4;t ils s&apos;aper&#xe7;urent qu&apos;ils languissaient eux-m&#xea;mes plus que leur victime, et que, ne recevant plus du coeur le sang que l&apos;estomac savait tirer des aliments pour le lui envoyer, ils s&apos;&#xe9;tiolaient et pr&#xe9;paraient leur perte. Ils se d&#xe9;p&#xea;ch&#xe8;rent de reprendre leur travail interrompu, et reconnurent qu&apos;ils ne pouvaient se passer du celui qu&apos;ils croyaient n&#xe9; pour b&#xe9;n&#xe9;ficier de leurs fatigues, et qui, dans le fait, ne go&#xfb;tait pas plus le repos qu&apos;eux-m&#xea;mes. Le peuple comprit la fable et rentra dans le devoir.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/85/17/282054/42645564.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;229&quot; alt=&quot;ruines_romaines&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/85/17/282054/42645564_p.jpg&quot; border=&quot;0&quot; complete=&quot;true&quot; style=&quot;MARGIN: 0px 0px 5px 5px; FLOAT: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Aujourd&apos;hui, &#xe0; ce qu&apos;il semble, c&apos;est l&apos;estomac qui se r&#xe9;volte contre les membres ; c&apos;est le ma&#xee;tre qui r&#xe9;pudie ses valets. Il croit leurs services d&#xe9;sormais inutiles. Je crains qu&apos;il ne s&apos;en repente promptement. Les jambes donc ne courent plus chercher les aliments n&#xe9;cessaires &#xe0; sa vie. Les mains ne les am&#xe8;nent plus &#xe0; sa port&#xe9;e ; il refuse l&apos;aide des dents, si habiles &#xe0; lui pr&#xe9;parer la nourriture. Il est seul et s&apos;en glorifie. Mais alors de quoi vivra-t-il ? Priv&#xe9; volontairement de tous les organes, qui lui m&#xe9;nageaient les moyens de se soutenir, r&#xe9;duit &#xe0; ses seules forces, il n&apos;aura bient&#xf4;t &#xe0; sa disposition que sa propre substance, et, par la faute de son orgueil, il se consumera dans un isolement funeste.&lt;br /&gt;&amp;quot;An&#xe9;antis ainsi tous tes sujets, Caligula ! que feras-tu, seul, sur cet amas de cadavres, sur ce monticule de ruines ? Qui b&#xe2;tira pour toi ces superbes palais d&apos;o&#xf9; tu dictes tes lois &#xe0; l&apos;univers ? Qui plantera pour toi ces bosquets d&#xe9;licieux o&#xf9; tu te reposes de la chaleur du jour ? Qui tissera pour toi ces tapis pr&#xe9;cieux, ces &#xe9;toffes splendides qui ornent tes lambris ? Qui forgera pour toi les armes qui te d&#xe9;fendent ? Isol&#xe9;, sans soutien, sans abri, tu erreras par le monde d&#xe9;vast&#xe9;, victime r&#xe9;serv&#xe9;e &#xe0; l&apos;avidit&#xe9; des b&#xea;tes fauves !... Souhaite plut&#xf4;t que le nombre de tes sujets s&apos;accroisse ; leurs concours est n&#xe9;cessaire pour subsister seulement... !&amp;quot;&lt;br /&gt;Un &#xe9;clair de raison traversa l&apos;esprit de l&apos;empereur, qui sourit &#xe0; l&apos;apologue ; mais il devait plus tard co&#xfb;ter cher au philosophe d&apos;avoir fait la le&#xe7;on &#xe0; son ma&#xee;tre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc0000&quot;&gt;ADOLPHE ADERER - 1880&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc0000&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#cc0000&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 09 Aug 2009 18:06:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>