Une des belles pages de l'armée française est cet ordre du jour de Marceau à l'armée de Sambre-et-Meuse : La_Rochejacquelein
"Le bataillon de la Moselle s'étant comporté héroïquement devant l'ennemi, chaque homme aura droit à une paire de sabots."
Tous ces mots si beaux de généraux, de capitaines et de soldats, ne les oublions pas !
- A moi, d'Auvergne, ce sont les ennemis !
- Je meurs, mais ils fuient.
- Il me reste encore une main pour battre la charge.
- Je rendrai Vincennes, disait Daumesnil, quand on me rendra ma jambe.
- Je ne veux être qu'un hussard pour avoir le plaisir de ma battre, s'écriai La Rochejacquelein.
Et le même général disait un autre jour à ses soldats :
- Si j'avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi.

L'anneau de fer de M. de Bismarck - Monsieur de Bismarck voyageant en Russie, fut invité par l'empereur à une grande partie de chasse. Pour aller au rendez-vous il ne trouva dans tout le pays qu'une simple charrette de paysan. Il dut bien s'en contenter. Il s'installa donc, tant bien que mal, dans la charrette. Chemin faisant, le prince se plaignit d'être trop cahoté, ce à quoi le paysan répondit : "Nittchevo", ce qui signifie en Russie : "Qu'importe". Quelques minutes après, M. de Bismarck lui dit d'aller plus vite, qu'en allant aussi doucement, il allait le mettre en retard "Nittchevo" répondit encore le paysan. Et à chaque parole que le prince lui adressait, il répondait infailliblement : "Nittchevo". Tout à coup, au détour d'un chemin, la charrette versa, envoyant rouler M. de Bismarck loin de là. Il se releva en maugréant ; quant au paysan, pour seule excuse, il répéta : "Nittchevo". Le prince aperçut alors à terre une des ferrures de la charrette, qui s'était détachée dans la chute, il la ramassa et la mit soigneusement dans sa poche. De retour à Berlin, il fit faire une bague, sur laquelle est gravé le mot "Nittchevo". Cet anneau depuis ne le quitte jamais. Inutile de dire que le jour de cette aventure, il fût fort en retard à son rendez-vous.

Jeanne D.