Le cardinal Mazarin, sachant que d'infâmes libellés étaient publiés contre lui, faisait semblant d'en être irrité, quoique la chose, au fond lui fût à peu près indifférente.
"Qu'ils chantent, pourvu qu'ils payent !"
C'était sa devise, comme on sait.
Un jour il ordonna qu'on fît la plus rigoureuse recherche des chansons, satires, etc.., de tout ce qu'on avait imprimé contre lui, dont la vent publique était naturellement interdite, et qu'on lui apportât tous les exemplaires saisis.
"Je tiens à les avoir, pour les brûler moi-même !"
On lui en apporta une énorme quantité, et, comme ces libellés étaient très recherchés des amateurs et avaient une grande valeur marchande, Mazarin, loin de les brûler, s'empressa de les faire vendre en secret, "sous le manteau", comme on dit, et en tira près de deux mille écus.
"Excellent affaire ! songeait-il.